Dans l’évolution cyclique des marchés financiers, 「Marché haussier」 et 「Marché baissier」 se succèdent comme les marées, en cycle constant. C’est un phénomène de marché auquel tout investisseur doit faire face. Beaucoup profitent de la prospérité du marché haussier, mais révèlent leurs failles stratégiques lors des tests du marché baissier. Comprendre la nature du marché baissier et comment y faire face est une étape clé dans la carrière d’investisseur.
Définition et classification du marché baissier
Le marché baissier (Bear Market) désigne un état du marché où le prix de l’actif chute de plus de 20% par rapport à son sommet, cette tendance à la baisse pouvant durer de plusieurs mois à plusieurs années. En revanche, lorsque le prix rebondit de plus de 20% depuis le point le plus bas, on parle de marché haussier (Bull Market).
L’année 2022 sur le marché américain en est un exemple typique : l’indice Dow Jones est passé de 36 952,65 points le 5 janvier, à moins de 29 562,12 mi-septembre, pour finir le 26 septembre à 29 260,81, marquant l’entrée officielle dans la zone du marché baissier.
Il est important de noter que la notion de marché baissier couvre toutes les classes d’actifs — pas seulement les actions, mais aussi les obligations, l’immobilier, les métaux précieux, le pétrole, les taux de change, voire les actifs cryptographiques.
Distinction importante : le marché baissier et la correction de marché (correction) peuvent être confondus, mais leur nature diffère. La correction désigne une baisse de 10% à 20% des prix, une réajustement à court terme, plus fréquent et de cycle plus court ; le marché baissier, lui, est une tendance systémique à long terme, avec un impact beaucoup plus profond sur la psychologie des investisseurs et la répartition des actifs.
Quelles sont les caractéristiques typiques du marché baissier ?
Caractéristique 1 : amplitude de baisse évidente
Le premier signe d’un marché baissier est une chute de plus de 20%. Selon la définition de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine, lorsque la majorité des indices boursiers chutent de 20% ou plus en deux mois, le marché entre en phase baissière. Les données historiques montrent que, sur 19 marchés baissiers au sein du S&P 500 sur 140 ans, la baisse moyenne atteint 37,3%.
Caractéristique 2 : durée prolongée
Le marché baissier n’est pas une simple fluctuation à court terme, mais une tendance à long terme. Selon les statistiques historiques du S&P 500, la durée moyenne d’un marché baissier est de 289 jours. Mais cette moyenne masque des variations : certains marchés baissiers sont plus courts (par exemple, celui de la pandémie en 2020 n’a duré qu’un mois), d’autres s’étendent sur plusieurs années (comme après la bulle Internet de 2000). En moyenne, une baisse de 38% est nécessaire pour inverser la tendance, et la reprise vers le sommet précédent peut prendre plusieurs années, voire plus.
Caractéristique 3 : accompagnée d’un dégradation macroéconomique
Les marchés baissiers sont souvent associés à une récession, une hausse du chômage, une déflation, etc. Dans ce contexte, les banques centrales mettent en œuvre des politiques d’assouplissement quantitatif pour tenter de sauver le marché. L’expérience montre que les rebonds avant le début d’un marché baissier sont souvent des rebonds techniques plutôt que des véritables points bas.
Caractéristique 4 : accumulation excessive de bulles d’actifs
Les fluctuations des prix des actifs dépassent souvent leurs fondamentaux. Dans un environnement de marché baissier, des bulles graves se forment souvent. Lorsqu’un marché est en phase d’expansion économique, il est difficile d’observer un marché baissier, mais si une bulle d’actifs se forme et que les investisseurs manifestent un enthousiasme irrationnel, la banque centrale resserrera la liquidité pour freiner l’inflation, ce qui peut déclencher un marché baissier par étape.
Les multiples dimensions de l’origine du marché baissier
La formation d’un marché baissier résulte généralement de la conjonction de plusieurs facteurs :
Perte de confiance du marché
Lorsque les investisseurs ont des prévisions économiques pessimistes, ils tendent à épargner plutôt qu’à consommer, les entreprises réduisent leurs embauches et investissements, et le marché des capitaux revoit à la baisse ses estimations de bénéfices. La convergence de ces trois facteurs provoque une chute brutale des prix.
Bulle d’actifs excessivement gonflée
Lorsque le marché devient surchauffé, les prix des actifs sont poussés à des niveaux sans précédent, puis commencent à inverser la tendance. Cela déclenche un effet de panique, accélérant la chute. La volatilité extrême des hausses et des baisses détruit la confiance du marché, aggravant la situation.
Risques géopolitiques et financiers
Les faillites d’institutions financières, les crises de la dette souveraine, les conflits régionaux peuvent tous déclencher la panique. Par exemple, la guerre russo-ukrainienne a fait grimper les prix de l’énergie, augmentant l’incertitude mondiale, tandis que les tensions commerciales sino-américaines ont perturbé la chaîne d’approvisionnement.
Changements rapides de politique monétaire
La hausse des taux par la Fed, la réduction de la taille de son bilan, etc., resserrent la liquidité, freinant l’investissement des entreprises et la consommation, ce qui pèse sur l’évaluation des actions.
Chocs externes et événements imprévus
Les catastrophes naturelles, les pandémies, les crises énergétiques peuvent tous provoquer des chutes massives sur les marchés mondiaux. La pandémie de COVID-19 en est un exemple, ayant provoqué la panique mondiale en 2020.
Rétrospective de 6 grands marchés baissiers dans l’histoire des actions américaines
2022 : Marché baissier : une correction systémique sous triple choc
Le marché baissier débuté le 4 janvier 2022 résulte d’un ensemble de facteurs : après la pandémie, la banque centrale mondiale a lancé un QE massif, alimentant l’inflation, tandis que la guerre russo-ukrainienne a fait grimper les prix des matières premières. La Fed a réagi en relevant fortement ses taux et en réduisant son bilan, ce qui a fait s’effondrer la confiance du marché. Les pertes les plus importantes concernent les actions technologiques qui avaient connu une forte hausse ces deux dernières années. La prolongation du cycle de hausse des taux laisse penser que ce marché baissier pourrait durer jusqu’en 2023.
2020 : La crise du COVID-19, un marché baissier très court
Fin 2019, l’épidémie de pneumonie de Wuhan a éclaté, puis s’est propagée mondialement début 2020, provoquant la panique. C’est le marché baissier le plus court de l’histoire : le Dow Jones est passé de 29 568 le 12 février à 18 213 le 23 mars, mais a clôturé à 22 552 le 26 mars, rebondissant de 20% et sortant de la zone baissière. Les banques centrales ont tiré parti de la leçon de 2008, en lançant rapidement un QE pour stabiliser la liquidité, ce qui a permis de désamorcer la crise rapidement, entraînant un marché haussier exceptionnel sur deux années.
2008 : La crise financière, la plus longue et la plus profonde
Le 9 octobre 2007, le Dow Jones clôturait à 14 164,43, pour tomber à 6 544,44 le 6 mars 2009, soit une baisse de 53,4%. La cause principale réside dans la bulle Internet de 2000 et la crise de confiance post-11 septembre 2001, qui ont poussé la Fed à réduire drastiquement ses taux. Dans un environnement de faibles taux, de nombreux investisseurs ont emprunté pour acheter des biens immobiliers, provoquant une hausse rapide du marché immobilier. Les banques ont octroyé des prêts à des emprunteurs sans capacité de remboursement, puis ont empaqueté ces prêts en produits financiers, transférant ainsi le risque. La hausse des taux pour freiner l’inflation a provoqué le retrait des investisseurs immobiliers, entraînant une chute des prix et une crise en chaîne. Après le lancement de mesures de relance en 2009, le marché baissier n’a pris fin qu’en mars 2013, lorsque le Dow Jones a retrouvé son sommet de 2007.
2000 : La bulle Internet, une catastrophe pour les valeurs technologiques
Les années 1990 ont vu l’émergence de nombreuses entreprises high-tech en bourse, souvent sans bénéfices réels, uniquement valorisées sur des rêves de croissance ou des concepts spéculatifs. La valorisation était fortement gonflée, et dès qu’un investisseur se retirait, la chute était brutale. La fin de cette plus longue phase haussière a aussi entraîné une récession en 2001, aggravée par les attentats du 11 septembre, qui ont précipité l’effondrement des marchés.
1987 : Lundi noir : la panique amplifiée par la trading algorithmique
Le lundi 19 octobre 1987, le Dow Jones a chuté de 22,62%, un moment historique pour Wall Street. La période de prospérité depuis le début des années 1980, avec un marché haussier de plusieurs années, a été interrompue par la hausse continue des taux de la Fed et la tension au Moyen-Orient. La nouveauté était l’apparition du trading algorithmique : lors de fortes baisses, des programmes automatiques déclenchaient des ventes pour limiter les pertes, ce qui amplifiait la chute. Les autorités ont rapidement réagi en abaissant les taux et en mettant en place des mécanismes de stabilisation pour éviter une crise plus grave. En un peu plus d’un an, le marché est revenu à son sommet, bien plus vite que la crise de 1929, montrant que le marché a appris à digérer la panique.
1973-1974 : La crise pétrolière : une déflation stagflationnelle systémique
Après le déclenchement de la quatrième guerre du Moyen-Orient en octobre 1973, l’OPEP a imposé un embargo sur le pétrole et réduit sa production, faisant grimper le prix du baril de 3 à 12 dollars en six mois (une hausse de 300%). La pression inflationniste déjà présente aux États-Unis (CPI à 8% début 1973) s’est accentuée, provoquant une stagflation : en 1974, le PIB a chuté de 4,7% alors que l’inflation atteignait 12,3%. Le marché boursier a commencé à baisser dès janvier 1973, la crise pétrolière et le Watergate ont encore aggravé la perte de confiance, avec une chute cumulée de 48% pour le S&P 500 et une baisse du Dow Jones de moitié. La crise a duré 21 mois, la plus longue et la plus profonde de l’histoire moderne, avant une reprise lente, malgré la hausse des taux pour freiner l’inflation.
Comment ajuster sa stratégie d’investissement en période de marché baissier ?
Stratégie 1 : Réduire activement le risque du portefeuille
Pendant un marché baissier, il faut conserver suffisamment de liquidités pour faire face à la volatilité, éviter l’effet de levier excessif. Il est conseillé de désinvestir sélectivement dans des actifs à forte valorisation ou à forte rentabilité, car ces actifs sont souvent surévalués en phase haussière et chutent fortement en phase baissière.
Stratégie 2 : Se concentrer sur des actifs défensifs et des actions de qualité sous-évaluées
En plus de conserver des liquidités, il faut privilégier des secteurs résistants comme la santé, les biens de consommation courante, ou des entreprises de niche. Choisir aussi des sociétés performantes mais fortement dévalorisées, en se basant sur leur fourchette historique de ratios cours/bénéfice, en achetant par tranches lorsque leur prix est bas. Ces entreprises doivent disposer d’un avantage concurrentiel durable d’au moins trois ans, sinon leur compétitivité pourrait se dégrader lors de la reprise. Pour ceux qui manquent de visibilité sur la pérennité d’une action, les ETF du marché général peuvent être une alternative, en attendant la prochaine phase de reprise.
Stratégie 3 : Utiliser intelligemment les instruments financiers pour saisir des opportunités
Les marchés baissiers offrent une probabilité plus élevée de baisse, et la vente à découvert devient plus rentable. Les CFD (Contrats pour différence), en tant qu’instruments dérivés, permettent aux traders d’ouvrir des positions longues ou courtes sans détenir l’actif sous-jacent, sur des indices, devises, futures, actions, métaux, etc. Leur avantage principal est la possibilité de vendre à découvert, ce qui facilite la recherche d’opportunités à la baisse. De nombreux plateformes CFD proposent des comptes démo pour s’entraîner, réduire le risque en capital réel.
Comment repérer un rebond de marché baissier ou un vrai point bas ?
Le rebond de marché baissier (ou piège du marché baissier) désigne une hausse courte de quelques jours à quelques semaines dans une tendance baissière. Une hausse de plus de 5% peut être considérée comme un rebond. Ce phénomène peut tromper les investisseurs, leur faisant croire à un début de marché haussier. Mais sauf si la hausse dure plusieurs mois ou dépasse 20% pour sortir de la zone baissière, il s’agit simplement d’un rebond technique.
Clés pour distinguer rebond et marché haussier
Pour déterminer si la tendance s’inverse réellement, il faut observer ces signaux :
Plus de 90% des actions se négocient au-dessus de leur moyenne mobile sur 10 jours
Plus de 50% des actions sont en hausse
Plus de 55% des actions atteignent de nouveaux sommets en 20 jours
Lorsque ces conditions sont réunies, cela peut indiquer un vrai signal de marché haussier, sinon il ne s’agit que d’un rebond technique dans un marché baissier.
En résumé
L’arrivée d’un marché baissier n’est pas une catastrophe, l’essentiel est de savoir repérer rapidement ses caractéristiques et d’adopter une stratégie adaptée. En protégeant ses actifs, l’utilisation d’outils comme la vente à découvert permet de saisir des opportunités dans la zone de risque. En ajustant son état d’esprit et en saisissant le bon moment, il est possible de réaliser des gains en position longue comme en position courte.
Pour un investisseur prudent, la clé en période de marché baissier est la patience, le respect strict des règles de stop-loss et de take-profit, afin de protéger ses actifs et de profiter des opportunités. Les vrais experts en investissement ne craignent pas le marché baissier, ils savent au contraire en profiter pour se positionner au meilleur moment.
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Entrer dans le marché baissier : connaître les caractéristiques, les causes et les stratégies pour y faire face
Dans l’évolution cyclique des marchés financiers, 「Marché haussier」 et 「Marché baissier」 se succèdent comme les marées, en cycle constant. C’est un phénomène de marché auquel tout investisseur doit faire face. Beaucoup profitent de la prospérité du marché haussier, mais révèlent leurs failles stratégiques lors des tests du marché baissier. Comprendre la nature du marché baissier et comment y faire face est une étape clé dans la carrière d’investisseur.
Définition et classification du marché baissier
Le marché baissier (Bear Market) désigne un état du marché où le prix de l’actif chute de plus de 20% par rapport à son sommet, cette tendance à la baisse pouvant durer de plusieurs mois à plusieurs années. En revanche, lorsque le prix rebondit de plus de 20% depuis le point le plus bas, on parle de marché haussier (Bull Market).
L’année 2022 sur le marché américain en est un exemple typique : l’indice Dow Jones est passé de 36 952,65 points le 5 janvier, à moins de 29 562,12 mi-septembre, pour finir le 26 septembre à 29 260,81, marquant l’entrée officielle dans la zone du marché baissier.
Il est important de noter que la notion de marché baissier couvre toutes les classes d’actifs — pas seulement les actions, mais aussi les obligations, l’immobilier, les métaux précieux, le pétrole, les taux de change, voire les actifs cryptographiques.
Distinction importante : le marché baissier et la correction de marché (correction) peuvent être confondus, mais leur nature diffère. La correction désigne une baisse de 10% à 20% des prix, une réajustement à court terme, plus fréquent et de cycle plus court ; le marché baissier, lui, est une tendance systémique à long terme, avec un impact beaucoup plus profond sur la psychologie des investisseurs et la répartition des actifs.
Quelles sont les caractéristiques typiques du marché baissier ?
Caractéristique 1 : amplitude de baisse évidente
Le premier signe d’un marché baissier est une chute de plus de 20%. Selon la définition de la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine, lorsque la majorité des indices boursiers chutent de 20% ou plus en deux mois, le marché entre en phase baissière. Les données historiques montrent que, sur 19 marchés baissiers au sein du S&P 500 sur 140 ans, la baisse moyenne atteint 37,3%.
Caractéristique 2 : durée prolongée
Le marché baissier n’est pas une simple fluctuation à court terme, mais une tendance à long terme. Selon les statistiques historiques du S&P 500, la durée moyenne d’un marché baissier est de 289 jours. Mais cette moyenne masque des variations : certains marchés baissiers sont plus courts (par exemple, celui de la pandémie en 2020 n’a duré qu’un mois), d’autres s’étendent sur plusieurs années (comme après la bulle Internet de 2000). En moyenne, une baisse de 38% est nécessaire pour inverser la tendance, et la reprise vers le sommet précédent peut prendre plusieurs années, voire plus.
Caractéristique 3 : accompagnée d’un dégradation macroéconomique
Les marchés baissiers sont souvent associés à une récession, une hausse du chômage, une déflation, etc. Dans ce contexte, les banques centrales mettent en œuvre des politiques d’assouplissement quantitatif pour tenter de sauver le marché. L’expérience montre que les rebonds avant le début d’un marché baissier sont souvent des rebonds techniques plutôt que des véritables points bas.
Caractéristique 4 : accumulation excessive de bulles d’actifs
Les fluctuations des prix des actifs dépassent souvent leurs fondamentaux. Dans un environnement de marché baissier, des bulles graves se forment souvent. Lorsqu’un marché est en phase d’expansion économique, il est difficile d’observer un marché baissier, mais si une bulle d’actifs se forme et que les investisseurs manifestent un enthousiasme irrationnel, la banque centrale resserrera la liquidité pour freiner l’inflation, ce qui peut déclencher un marché baissier par étape.
Les multiples dimensions de l’origine du marché baissier
La formation d’un marché baissier résulte généralement de la conjonction de plusieurs facteurs :
Perte de confiance du marché
Lorsque les investisseurs ont des prévisions économiques pessimistes, ils tendent à épargner plutôt qu’à consommer, les entreprises réduisent leurs embauches et investissements, et le marché des capitaux revoit à la baisse ses estimations de bénéfices. La convergence de ces trois facteurs provoque une chute brutale des prix.
Bulle d’actifs excessivement gonflée
Lorsque le marché devient surchauffé, les prix des actifs sont poussés à des niveaux sans précédent, puis commencent à inverser la tendance. Cela déclenche un effet de panique, accélérant la chute. La volatilité extrême des hausses et des baisses détruit la confiance du marché, aggravant la situation.
Risques géopolitiques et financiers
Les faillites d’institutions financières, les crises de la dette souveraine, les conflits régionaux peuvent tous déclencher la panique. Par exemple, la guerre russo-ukrainienne a fait grimper les prix de l’énergie, augmentant l’incertitude mondiale, tandis que les tensions commerciales sino-américaines ont perturbé la chaîne d’approvisionnement.
Changements rapides de politique monétaire
La hausse des taux par la Fed, la réduction de la taille de son bilan, etc., resserrent la liquidité, freinant l’investissement des entreprises et la consommation, ce qui pèse sur l’évaluation des actions.
Chocs externes et événements imprévus
Les catastrophes naturelles, les pandémies, les crises énergétiques peuvent tous provoquer des chutes massives sur les marchés mondiaux. La pandémie de COVID-19 en est un exemple, ayant provoqué la panique mondiale en 2020.
Rétrospective de 6 grands marchés baissiers dans l’histoire des actions américaines
2022 : Marché baissier : une correction systémique sous triple choc
Le marché baissier débuté le 4 janvier 2022 résulte d’un ensemble de facteurs : après la pandémie, la banque centrale mondiale a lancé un QE massif, alimentant l’inflation, tandis que la guerre russo-ukrainienne a fait grimper les prix des matières premières. La Fed a réagi en relevant fortement ses taux et en réduisant son bilan, ce qui a fait s’effondrer la confiance du marché. Les pertes les plus importantes concernent les actions technologiques qui avaient connu une forte hausse ces deux dernières années. La prolongation du cycle de hausse des taux laisse penser que ce marché baissier pourrait durer jusqu’en 2023.
2020 : La crise du COVID-19, un marché baissier très court
Fin 2019, l’épidémie de pneumonie de Wuhan a éclaté, puis s’est propagée mondialement début 2020, provoquant la panique. C’est le marché baissier le plus court de l’histoire : le Dow Jones est passé de 29 568 le 12 février à 18 213 le 23 mars, mais a clôturé à 22 552 le 26 mars, rebondissant de 20% et sortant de la zone baissière. Les banques centrales ont tiré parti de la leçon de 2008, en lançant rapidement un QE pour stabiliser la liquidité, ce qui a permis de désamorcer la crise rapidement, entraînant un marché haussier exceptionnel sur deux années.
2008 : La crise financière, la plus longue et la plus profonde
Le 9 octobre 2007, le Dow Jones clôturait à 14 164,43, pour tomber à 6 544,44 le 6 mars 2009, soit une baisse de 53,4%. La cause principale réside dans la bulle Internet de 2000 et la crise de confiance post-11 septembre 2001, qui ont poussé la Fed à réduire drastiquement ses taux. Dans un environnement de faibles taux, de nombreux investisseurs ont emprunté pour acheter des biens immobiliers, provoquant une hausse rapide du marché immobilier. Les banques ont octroyé des prêts à des emprunteurs sans capacité de remboursement, puis ont empaqueté ces prêts en produits financiers, transférant ainsi le risque. La hausse des taux pour freiner l’inflation a provoqué le retrait des investisseurs immobiliers, entraînant une chute des prix et une crise en chaîne. Après le lancement de mesures de relance en 2009, le marché baissier n’a pris fin qu’en mars 2013, lorsque le Dow Jones a retrouvé son sommet de 2007.
2000 : La bulle Internet, une catastrophe pour les valeurs technologiques
Les années 1990 ont vu l’émergence de nombreuses entreprises high-tech en bourse, souvent sans bénéfices réels, uniquement valorisées sur des rêves de croissance ou des concepts spéculatifs. La valorisation était fortement gonflée, et dès qu’un investisseur se retirait, la chute était brutale. La fin de cette plus longue phase haussière a aussi entraîné une récession en 2001, aggravée par les attentats du 11 septembre, qui ont précipité l’effondrement des marchés.
1987 : Lundi noir : la panique amplifiée par la trading algorithmique
Le lundi 19 octobre 1987, le Dow Jones a chuté de 22,62%, un moment historique pour Wall Street. La période de prospérité depuis le début des années 1980, avec un marché haussier de plusieurs années, a été interrompue par la hausse continue des taux de la Fed et la tension au Moyen-Orient. La nouveauté était l’apparition du trading algorithmique : lors de fortes baisses, des programmes automatiques déclenchaient des ventes pour limiter les pertes, ce qui amplifiait la chute. Les autorités ont rapidement réagi en abaissant les taux et en mettant en place des mécanismes de stabilisation pour éviter une crise plus grave. En un peu plus d’un an, le marché est revenu à son sommet, bien plus vite que la crise de 1929, montrant que le marché a appris à digérer la panique.
1973-1974 : La crise pétrolière : une déflation stagflationnelle systémique
Après le déclenchement de la quatrième guerre du Moyen-Orient en octobre 1973, l’OPEP a imposé un embargo sur le pétrole et réduit sa production, faisant grimper le prix du baril de 3 à 12 dollars en six mois (une hausse de 300%). La pression inflationniste déjà présente aux États-Unis (CPI à 8% début 1973) s’est accentuée, provoquant une stagflation : en 1974, le PIB a chuté de 4,7% alors que l’inflation atteignait 12,3%. Le marché boursier a commencé à baisser dès janvier 1973, la crise pétrolière et le Watergate ont encore aggravé la perte de confiance, avec une chute cumulée de 48% pour le S&P 500 et une baisse du Dow Jones de moitié. La crise a duré 21 mois, la plus longue et la plus profonde de l’histoire moderne, avant une reprise lente, malgré la hausse des taux pour freiner l’inflation.
Comment ajuster sa stratégie d’investissement en période de marché baissier ?
Stratégie 1 : Réduire activement le risque du portefeuille
Pendant un marché baissier, il faut conserver suffisamment de liquidités pour faire face à la volatilité, éviter l’effet de levier excessif. Il est conseillé de désinvestir sélectivement dans des actifs à forte valorisation ou à forte rentabilité, car ces actifs sont souvent surévalués en phase haussière et chutent fortement en phase baissière.
Stratégie 2 : Se concentrer sur des actifs défensifs et des actions de qualité sous-évaluées
En plus de conserver des liquidités, il faut privilégier des secteurs résistants comme la santé, les biens de consommation courante, ou des entreprises de niche. Choisir aussi des sociétés performantes mais fortement dévalorisées, en se basant sur leur fourchette historique de ratios cours/bénéfice, en achetant par tranches lorsque leur prix est bas. Ces entreprises doivent disposer d’un avantage concurrentiel durable d’au moins trois ans, sinon leur compétitivité pourrait se dégrader lors de la reprise. Pour ceux qui manquent de visibilité sur la pérennité d’une action, les ETF du marché général peuvent être une alternative, en attendant la prochaine phase de reprise.
Stratégie 3 : Utiliser intelligemment les instruments financiers pour saisir des opportunités
Les marchés baissiers offrent une probabilité plus élevée de baisse, et la vente à découvert devient plus rentable. Les CFD (Contrats pour différence), en tant qu’instruments dérivés, permettent aux traders d’ouvrir des positions longues ou courtes sans détenir l’actif sous-jacent, sur des indices, devises, futures, actions, métaux, etc. Leur avantage principal est la possibilité de vendre à découvert, ce qui facilite la recherche d’opportunités à la baisse. De nombreux plateformes CFD proposent des comptes démo pour s’entraîner, réduire le risque en capital réel.
Comment repérer un rebond de marché baissier ou un vrai point bas ?
Le rebond de marché baissier (ou piège du marché baissier) désigne une hausse courte de quelques jours à quelques semaines dans une tendance baissière. Une hausse de plus de 5% peut être considérée comme un rebond. Ce phénomène peut tromper les investisseurs, leur faisant croire à un début de marché haussier. Mais sauf si la hausse dure plusieurs mois ou dépasse 20% pour sortir de la zone baissière, il s’agit simplement d’un rebond technique.
Clés pour distinguer rebond et marché haussier
Pour déterminer si la tendance s’inverse réellement, il faut observer ces signaux :
Lorsque ces conditions sont réunies, cela peut indiquer un vrai signal de marché haussier, sinon il ne s’agit que d’un rebond technique dans un marché baissier.
En résumé
L’arrivée d’un marché baissier n’est pas une catastrophe, l’essentiel est de savoir repérer rapidement ses caractéristiques et d’adopter une stratégie adaptée. En protégeant ses actifs, l’utilisation d’outils comme la vente à découvert permet de saisir des opportunités dans la zone de risque. En ajustant son état d’esprit et en saisissant le bon moment, il est possible de réaliser des gains en position longue comme en position courte.
Pour un investisseur prudent, la clé en période de marché baissier est la patience, le respect strict des règles de stop-loss et de take-profit, afin de protéger ses actifs et de profiter des opportunités. Les vrais experts en investissement ne craignent pas le marché baissier, ils savent au contraire en profiter pour se positionner au meilleur moment.