Depuis la création du Bitcoin, cela fait maintenant quinze ans, le marché a atteint près de 4 000 milliards de dollars, mais la vision de paiements quotidiens imaginée par Satoshi Nakamoto s’est en grande partie égarée. L’espoir du marché pour les paiements point à point s’est tourné vers les stablecoins, mais avec le resserrement réglementaire, notamment le « GENIUS Act » aux États-Unis et la « MiCA » en Europe, les stablecoins n’ont pas remplacé les banques. Au contraire, ils sont devenus une infrastructure de type bancaire, risquant d’évoluer en un nouveau SWIFT, devenant un canal réservé aux institutions plutôt qu’un outil d’inclusion financière.
Bitcoin, du simple outil de paiement à un actif spéculatif
(Source : Dash)
En 2008, Satoshi Nakamoto publiait le livre blanc du Bitcoin, avec pour sous-titre « Système de cash électronique pair-à-pair », imaginant un réseau de paiement sans besoin de confiance dans une entité intermédiaire. Quinze ans plus tard, le Bitcoin s’éloigne complètement de cette vision. Les frais de transaction élevés (pouvant atteindre plusieurs dizaines de dollars en période haussière), la confirmation lente (environ 10 minutes par bloc) et la volatilité extrême rendent son utilisation comme outil de paiement quotidien impossible.
Aujourd’hui, le Bitcoin ressemble davantage à de « l’or numérique », un actif refuge dans les portefeuilles institutionnels et un objet de spéculation. La sortie des ETF spot a renforcé cette position, Wall Street emballant le Bitcoin comme un produit financier traditionnel plutôt qu’une monnaie pour acheter un café ou effectuer un transfert. Le système de paiement à faibles frais et confirmation rapide conçu par Satoshi, sacrifié dans la quête de décentralisation et de sécurité, n’est plus accessible.
Le directeur commercial de Dash, Joël Valenzuela, souligne que l’espoir du marché pour les paiements point à point s’est tourné vers les stablecoins. Ces derniers, insensibles à la volatilité, rapides et à faibles coûts, semblent se rapprocher de la vision de Satoshi d’un cash électronique. Pourtant, la réalité évolue dans une direction tout à fait opposée.
Le dilemme réglementaire des stablecoins : de la décentralisation à une infrastructure bancaire
Avec le durcissement des régulations américaines et européennes, les stablecoins font face à une crise identitaire. Le « GeniUS Act » aux États-Unis et la « MiCA » en Europe, tout en apportant légitimité et sécurité, poussent également les émetteurs de stablecoins dans le giron des banques traditionnelles. Pour respecter les exigences en matière de réserves, d’audit, de KYC (connaissance du client) et de rachat, leur nature change.
Valenzuela craint que les stablecoins ne deviennent le prochain SWIFT, un canal efficace mais opaque, réservé aux grandes institutions, offrant uniquement une voie plus rapide pour les acteurs existants sans atteindre une véritable inclusion financière. Plus de 60 % des usages des stablecoins par les entreprises concernent les règlements transfrontaliers plutôt que les paiements des consommateurs. Cette tendance reflète une reproduction de la hiérarchie du système financier traditionnel, où les grandes institutions bénéficient de la commodité, laissant les utilisateurs ordinaires de côté.
Les exigences réglementaires en matière de KYC et d’audit obligent les émetteurs de stablecoins à connaître leurs utilisateurs, à savoir d’où proviennent leurs fonds et où ils vont. Cela va à l’encontre de la vision de Satoshi sur l’anonymat et la résistance à la censure. Ironie supplémentaire, pour obtenir l’approbation réglementaire, ces émetteurs doivent souvent établir des partenariats étroits avec des banques, stockant leurs réserves dans le système bancaire, faisant des stablecoins une dépendance de l’infrastructure bancaire plutôt qu’une révolution.
Comment le resserrement réglementaire modifie la nature des stablecoins
Transparence des réserves : Émetteurs doivent détenir une réserve en fiat ou en actifs équivalents en ratio 1:1, soumis à des audits réguliers par des tiers
Vérification d’identité renforcée : KYC/AML rendent toute transaction anonyme impossible, chaque transfert important doit être déclaré
Standardisation des mécanismes de rachat : Les utilisateurs doivent passer par des canaux conformes pour racheter, et ne peuvent pas contrôler totalement leur stablecoin comme Bitcoin
Restrictions transfrontalières accrues : La divergence des régulations selon les juridictions limite la circulation mondiale
Arthur Hayes : Le stablecoin, un cheval de Troie de la domination du dollar
L’expert légendaire Arthur Hayes propose une critique plus profonde dans son article « Dust on Crust » : le stablecoin est en réalité un outil pour les institutions financières traditionnelles afin d’attirer le capital cryptographique. En prenant l’exemple de Tether et Circle, qui émettent des stablecoins soutenus par des milliards de dollars d’obligations américaines, ces entreprises deviennent d’importants acheteurs de la dette publique américaine.
Hayes observe qu’en Argentine, en Turquie et dans d’autres pays frappés par une forte inflation, la population utilise massivement Tether (USDT) comme réserve de valeur. Ce phénomène ne sape pas la domination du dollar, mais la renforce en permettant une dollarisation ascendante à l’échelle mondiale. Satoshi imaginait une rupture avec le système fiat, mais les stablecoins deviennent le canal par lequel la monnaie fiat s’étend dans le monde de la cryptographie.
Ce qui est encore plus ironique, c’est que l’adoption de la cryptomonnaie renforce le contrôle financier des États-Unis. Lorsqu’un utilisateur convertit ses devises locales en USDT ou USDC, il achète en réalité des actifs en dollars. Ces stablecoins sont investis dans des obligations américaines, finançant ainsi le gouvernement américain. La vision de Satoshi de déstabiliser le système s’est finalement tournée en soutien puissant à celui-ci.
La vulnérabilité des stablecoins décentralisés révélée
(Source : Trading View)
Face à la domination totale des stablecoins fiat sur le marché, certains projets tentent de revenir aux principes originaux de Satoshi. MakerDAO avec son stablecoin sur-coussé DAI, et Ethena Labs avec son dollar synthétique USDe, cherchent à éviter la régulation en détention d’actifs cryptographiques plutôt que de fiat. Cependant, dans un environnement de trading à haute fréquence et de faible liquidité, ces modèles font face à de nombreux défis.
Le 11 octobre, le marché mondial des cryptomonnaies a subi une liquidation de plus de 19 milliards de dollars, avec une déconnexion marquée entre USDe et USDT sur Binance. L’enquête indique que cela est dû à la mécanique de tarification interne de la plateforme et à une évaporation instantanée de la liquidité. Cet incident montre à quel point la soi-disant « stabilité » peut être fragile dans un monde d’automatisation et de contrôle centralisé.
Les stablecoins décentralisés affrontent un dilemme : accepter la régulation en devenant conformes mais en perdant leur décentralisation, ou maintenir leur décentralisation mais ne pas pouvoir rivaliser en liquidité et expérience utilisateur avec leurs homologues centralisés. À l’heure actuelle, le marché semble opter pour la première voie.
L’héritage de Satoshi et le croisement des chemins des cryptomonnaies
Valenzuela pense que le problème n’est pas la régulation en soi, mais la conception. Si les stablecoins ne peuvent pas assurer un transfert véritablement pair-à-pair et une confidentialité sélective, ils ne seront qu’une nouvelle enveloppe pour maintenir le système hiérarchique existant, transformé en une monnaie digitale plus rapide. Pour respecter la réglementation tout en tenant leurs promesses, les développeurs et décideurs doivent intégrer la conformité dès la couche protocoles, tout en conservant la composabilité à travers les juridictions.
Des groupes comme l’Alliance pour les paiements blockchain proposent d’établir des standards pour des paiements inter-chaînes sans sacrifier l’ouverture. La clé sera de concevoir des systèmes inclusifs et autonomes, plutôt que de simplement enfermer le système actuel dans une nouvelle enveloppe digitale. L’avenir de la monnaie dépend de nos choix, et à l’heure actuelle, le monde de la cryptographie semble s’éloigner de la vision initiale de Satoshi.
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La vision de Satoshi Nakamoto totalement détruite ! Bitcoin et stablecoins deviennent des outils de l'hégémonie du dollar
Depuis la création du Bitcoin, cela fait maintenant quinze ans, le marché a atteint près de 4 000 milliards de dollars, mais la vision de paiements quotidiens imaginée par Satoshi Nakamoto s’est en grande partie égarée. L’espoir du marché pour les paiements point à point s’est tourné vers les stablecoins, mais avec le resserrement réglementaire, notamment le « GENIUS Act » aux États-Unis et la « MiCA » en Europe, les stablecoins n’ont pas remplacé les banques. Au contraire, ils sont devenus une infrastructure de type bancaire, risquant d’évoluer en un nouveau SWIFT, devenant un canal réservé aux institutions plutôt qu’un outil d’inclusion financière.
Bitcoin, du simple outil de paiement à un actif spéculatif
(Source : Dash)
En 2008, Satoshi Nakamoto publiait le livre blanc du Bitcoin, avec pour sous-titre « Système de cash électronique pair-à-pair », imaginant un réseau de paiement sans besoin de confiance dans une entité intermédiaire. Quinze ans plus tard, le Bitcoin s’éloigne complètement de cette vision. Les frais de transaction élevés (pouvant atteindre plusieurs dizaines de dollars en période haussière), la confirmation lente (environ 10 minutes par bloc) et la volatilité extrême rendent son utilisation comme outil de paiement quotidien impossible.
Aujourd’hui, le Bitcoin ressemble davantage à de « l’or numérique », un actif refuge dans les portefeuilles institutionnels et un objet de spéculation. La sortie des ETF spot a renforcé cette position, Wall Street emballant le Bitcoin comme un produit financier traditionnel plutôt qu’une monnaie pour acheter un café ou effectuer un transfert. Le système de paiement à faibles frais et confirmation rapide conçu par Satoshi, sacrifié dans la quête de décentralisation et de sécurité, n’est plus accessible.
Le directeur commercial de Dash, Joël Valenzuela, souligne que l’espoir du marché pour les paiements point à point s’est tourné vers les stablecoins. Ces derniers, insensibles à la volatilité, rapides et à faibles coûts, semblent se rapprocher de la vision de Satoshi d’un cash électronique. Pourtant, la réalité évolue dans une direction tout à fait opposée.
Le dilemme réglementaire des stablecoins : de la décentralisation à une infrastructure bancaire
Avec le durcissement des régulations américaines et européennes, les stablecoins font face à une crise identitaire. Le « GeniUS Act » aux États-Unis et la « MiCA » en Europe, tout en apportant légitimité et sécurité, poussent également les émetteurs de stablecoins dans le giron des banques traditionnelles. Pour respecter les exigences en matière de réserves, d’audit, de KYC (connaissance du client) et de rachat, leur nature change.
Valenzuela craint que les stablecoins ne deviennent le prochain SWIFT, un canal efficace mais opaque, réservé aux grandes institutions, offrant uniquement une voie plus rapide pour les acteurs existants sans atteindre une véritable inclusion financière. Plus de 60 % des usages des stablecoins par les entreprises concernent les règlements transfrontaliers plutôt que les paiements des consommateurs. Cette tendance reflète une reproduction de la hiérarchie du système financier traditionnel, où les grandes institutions bénéficient de la commodité, laissant les utilisateurs ordinaires de côté.
Les exigences réglementaires en matière de KYC et d’audit obligent les émetteurs de stablecoins à connaître leurs utilisateurs, à savoir d’où proviennent leurs fonds et où ils vont. Cela va à l’encontre de la vision de Satoshi sur l’anonymat et la résistance à la censure. Ironie supplémentaire, pour obtenir l’approbation réglementaire, ces émetteurs doivent souvent établir des partenariats étroits avec des banques, stockant leurs réserves dans le système bancaire, faisant des stablecoins une dépendance de l’infrastructure bancaire plutôt qu’une révolution.
Comment le resserrement réglementaire modifie la nature des stablecoins
Transparence des réserves : Émetteurs doivent détenir une réserve en fiat ou en actifs équivalents en ratio 1:1, soumis à des audits réguliers par des tiers
Vérification d’identité renforcée : KYC/AML rendent toute transaction anonyme impossible, chaque transfert important doit être déclaré
Standardisation des mécanismes de rachat : Les utilisateurs doivent passer par des canaux conformes pour racheter, et ne peuvent pas contrôler totalement leur stablecoin comme Bitcoin
Restrictions transfrontalières accrues : La divergence des régulations selon les juridictions limite la circulation mondiale
Arthur Hayes : Le stablecoin, un cheval de Troie de la domination du dollar
L’expert légendaire Arthur Hayes propose une critique plus profonde dans son article « Dust on Crust » : le stablecoin est en réalité un outil pour les institutions financières traditionnelles afin d’attirer le capital cryptographique. En prenant l’exemple de Tether et Circle, qui émettent des stablecoins soutenus par des milliards de dollars d’obligations américaines, ces entreprises deviennent d’importants acheteurs de la dette publique américaine.
Hayes observe qu’en Argentine, en Turquie et dans d’autres pays frappés par une forte inflation, la population utilise massivement Tether (USDT) comme réserve de valeur. Ce phénomène ne sape pas la domination du dollar, mais la renforce en permettant une dollarisation ascendante à l’échelle mondiale. Satoshi imaginait une rupture avec le système fiat, mais les stablecoins deviennent le canal par lequel la monnaie fiat s’étend dans le monde de la cryptographie.
Ce qui est encore plus ironique, c’est que l’adoption de la cryptomonnaie renforce le contrôle financier des États-Unis. Lorsqu’un utilisateur convertit ses devises locales en USDT ou USDC, il achète en réalité des actifs en dollars. Ces stablecoins sont investis dans des obligations américaines, finançant ainsi le gouvernement américain. La vision de Satoshi de déstabiliser le système s’est finalement tournée en soutien puissant à celui-ci.
La vulnérabilité des stablecoins décentralisés révélée
(Source : Trading View)
Face à la domination totale des stablecoins fiat sur le marché, certains projets tentent de revenir aux principes originaux de Satoshi. MakerDAO avec son stablecoin sur-coussé DAI, et Ethena Labs avec son dollar synthétique USDe, cherchent à éviter la régulation en détention d’actifs cryptographiques plutôt que de fiat. Cependant, dans un environnement de trading à haute fréquence et de faible liquidité, ces modèles font face à de nombreux défis.
Le 11 octobre, le marché mondial des cryptomonnaies a subi une liquidation de plus de 19 milliards de dollars, avec une déconnexion marquée entre USDe et USDT sur Binance. L’enquête indique que cela est dû à la mécanique de tarification interne de la plateforme et à une évaporation instantanée de la liquidité. Cet incident montre à quel point la soi-disant « stabilité » peut être fragile dans un monde d’automatisation et de contrôle centralisé.
Les stablecoins décentralisés affrontent un dilemme : accepter la régulation en devenant conformes mais en perdant leur décentralisation, ou maintenir leur décentralisation mais ne pas pouvoir rivaliser en liquidité et expérience utilisateur avec leurs homologues centralisés. À l’heure actuelle, le marché semble opter pour la première voie.
L’héritage de Satoshi et le croisement des chemins des cryptomonnaies
Valenzuela pense que le problème n’est pas la régulation en soi, mais la conception. Si les stablecoins ne peuvent pas assurer un transfert véritablement pair-à-pair et une confidentialité sélective, ils ne seront qu’une nouvelle enveloppe pour maintenir le système hiérarchique existant, transformé en une monnaie digitale plus rapide. Pour respecter la réglementation tout en tenant leurs promesses, les développeurs et décideurs doivent intégrer la conformité dès la couche protocoles, tout en conservant la composabilité à travers les juridictions.
Des groupes comme l’Alliance pour les paiements blockchain proposent d’établir des standards pour des paiements inter-chaînes sans sacrifier l’ouverture. La clé sera de concevoir des systèmes inclusifs et autonomes, plutôt que de simplement enfermer le système actuel dans une nouvelle enveloppe digitale. L’avenir de la monnaie dépend de nos choix, et à l’heure actuelle, le monde de la cryptographie semble s’éloigner de la vision initiale de Satoshi.