Trader les actions américaines autrefois signifiait sacrifier son sommeil. Bientôt, cela pourrait aussi signifier sacrifier ses week-ends.
Alors que les marchés crypto ont prospéré grâce à leur rythme 24/7 depuis des années, la finance traditionnelle a enfin pris conscience de la pression. Le 15 décembre, le Nasdaq a franchi une étape décisive en déposant une demande auprès de la SEC pour transformer le trading d’actions, passant d’une fenêtre de 5 jours et 16 heures à une opération de 5 jours et 23 heures. Les chiffres sont simples : de 21h00 dimanche à 20h00 vendredi, avec seulement une heure unique (20:00-21:00 quotidiennement) pour la maintenance du système. La justification officielle paraît pratique—répondre à la demande des traders asiatiques et européens. Mais en creusant, on découvre quelque chose de bien plus stratégique : le Nasdaq orchestre une transition contrôlée vers des marchés financiers tokenisés, toujours actifs.
Ce n’est pas une simple extension des heures de trading. C’est une feuille de route soigneusement choreographiée sur trois ans, et décembre 2025 marque une étape critique supplémentaire.
La pression sur l’infrastructure : pourquoi cette dernière heure est si cruciale
En apparence, passer de 16 à 23 heures semble simple. Sur le plan opérationnel, c’est tout sauf évident.
L’écosystème TradFi actuel fonctionne comme une machinerie synchronisée. Courtiers, institutions de compensation (notamment DTCC), régulateurs, et entreprises elles-mêmes forment une toile complexe. Pour supporter un trading perpétuel, chaque composant doit fondamentalement changer :
Refonte opérationnelle globale :
Les courtiers doivent assurer un service client 24/7, gestion des risques et maintenance système, ce qui fait exploser les coûts de main-d’œuvre et d’infrastructure
La DTCC doit totalement restructurer ses protocoles de compensation et de règlement, gérant désormais le « règlement le lendemain pour les transactions effectuées entre 21h00 et 24h00 » et étendant la couverture jusqu’à 4h du matin
Les entreprises cotées doivent reprogrammer la publication de leurs résultats et annonces, sachant que la tarification instantanée du marché se fait désormais en temps réel—même à 3h du matin
L’infrastructure du marché n’a pas été conçue pour ce rythme. Chaque composant doit être harmonisé. Pourtant, le Nasdaq a consciemment choisi 23 heures, pas 24.
Pourquoi laisser cette dernière heure ? La réponse révèle la fragilité des systèmes traditionnels. Sous l’architecture centralisée de compensation (DTCC), cette heure de clôture sert de « fenêtre de tolérance aux fautes » critique—un moment pour le traitement batch des données, la réconciliation de fin de journée, le règlement des marges, et les vérifications d’intégrité du système. C’est l’équivalent pour une banque de faire ses comptes après la fermeture.
Cette fenêtre d’1 heure est un tampon nécessaire dans une infrastructure conçue pour des processus plus lents et batchés. La supprimer complètement expose tout le système à des risques opérationnels en cascade.
Voici l’intuition stratégique : En maintenant fermement le modèle « 5×23 » plutôt que de passer à « 5×24 », le Nasdaq réalise un test de résistance extrême à la coordination inter-institutionnelle de la TradFi. Il pousse le système actuel à ses limites absolues tout en évitant de le faire éclater. C’est intentionnel—un terrain d’expérimentation pour les changements architecturaux nécessaires à un règlement perpétuel véritable.
À l’inverse, les actifs tokenisés basés sur la blockchain supportent intrinsèquement un trading 7×24×365 avec un règlement atomique via des smart contracts. Pas de batch de fin de journée. Pas de fenêtres de réconciliation. Une liquidité continue pure.
Le problème de la balayage de liquidité : des bénéfices masqués par de nouveaux risques
Le récit autour du « 5×23 » profite énormément aux traders asiatiques—plus besoin de sessions de trading à minuit pour accéder aux actions américaines. C’est vrai. Mais les implications sur la microstructure du marché racontent une histoire plus compliquée.
Réalité actuelle : Le trading après-heures et avant-marché connaît déjà une croissance explosive. Au deuxième trimestre 2025, les volumes hors horaires traditionnels ont dépassé 2 milliards d’actions avec $62 milliard en chiffre d’affaires, représentant 11,5 % de tout le trading d’actions US—un record. Des plateformes comme Blue Ocean et OTC Moon ont capté une part croissante de cette demande, fragmentant la liquidité en dehors des bourses réglementées.
Ce que veut réellement le Nasdaq : Recapturer ces ordres. Ramener le trading nocturne dispersé dans le système centralisé et réglementé.
Ce qui pourrait réellement se produire : un balayage de la liquidité à travers les fuseaux horaires—une demande réelle répartie plus finement sur des heures prolongées. Pendant la partie « nuit » du nouveau créneau de 23 heures, les volumes seront faibles. Les conséquences sont mesurables :
Élargissement des spreads et glissement (slippage) : Les trades institutionnels tentant d’exécuter entre 2h et 4h EST font face à des déserts de liquidité. Les coûts de slippage augmentent considérablement.
Fenêtres de manipulation : Les périodes peu échangées deviennent des terrains privilégiés pour le trading prédatoire ou les flash crashes. Sans la « digestion overnight » en tampon, une nouvelle surprenante peut frapper un marché fragmenté et peu préparé.
Amplification des événements Black Swan : Les chocs sur les résultats, annonces réglementaires ou événements géopolitiques se traduisent instantanément en actions de trading avec une liquidité minimale. Les mouvements de gap et les liquidations en chaîne aggravent les dégâts.
La liquidité ne disparaît pas—elle se redistribue à travers les fuseaux horaires. C’est un coût caché que la plupart des participants n’ont pas encore pleinement intégré.
La stratégie maîtresse du Nasdaq : feuille de route sur trois ans vers le règlement on-chain
En élargissant la vue, le schéma devient évident. Les mouvements récents du Nasdaq forment une feuille de route coordonnée avec un objectif unique : permettre aux actions de se régler, circuler, et se revaloriser comme des tokens natifs de la blockchain.
Chronologie de la stratégie :
Mai 2024 : La règlementation sur le règlement des actions US est officiellement raccourcie de T+2 à T+1. Un ajustement apparemment mineur, mais en réalité une mise à niveau critique de l’infrastructure préparant les systèmes à des cycles plus rapides.
Début 2025 : Le Nasdaq signale publiquement son intention d’un trading 24/7, laissant entendre un lancement prévu pour la seconde moitié de 2026 d’un « service ininterrompu de cinq jours ».
Mi-2025 : En coulisses, le Nasdaq intègre la technologie blockchain dans son système Calypso pour une gestion automatisée 7×24 des collatéraux et marges. Les acteurs institutionnels comprennent clairement : le back-end va passer on-chain.
Septembre 2025 : Le Nasdaq dépose officiellement une demande auprès de la SEC pour lancer le trading d’actions tokenisées.
Novembre 2025 : La tokenisation devient la priorité stratégique explicite du Nasdaq.
12 décembre 2025 : Un moment clé—la filiale (Depository Trust Company) de la DTCC reçoit une lettre de non-opposition de la SEC approuvant les services de tokenisation d’actifs réels dans un environnement de production contrôlé, avec un lancement officiel prévu pour la seconde moitié de 2026. Cela résout les enjeux de conformité et de garde pour le règlement on-chain.
15 décembre 2025 : Le Nasdaq dépose la demande pour le trading « 5×23 » auprès de la SEC.
La danse synchronisée :
SEC : Dégonflant progressivement les garde-fous réglementaires, tout en laissant des figures comme Paul Atkins faire des déclarations publiques : « D’ici environ 2 ans, tous les marchés US migreront on-chain et atteindront le règlement on-chain. »
DTCC : Fournissant l’infrastructure fondamentale (services de tokenisation, solutions de garde, protocoles de règlement).
Nasdaq : Avançant à grands pas avec le trading perpétuel, le lancement de la tokenisation, et la coordination de l’écosystème.
Ce n’est pas une coïncidence. C’est une orchestration institutionnelle vers une seule destination : le système financier perpétuel, on-chain.
Pourquoi cela compte pour l’écosystème plus large
Une fois que le modèle 5×23 sera normalisé, les attentes des utilisateurs vont inévitablement monter : pourquoi cette heure d’écart ? Pourquoi pas de trading le week-end ? Pourquoi ne puis-je pas régler en T+0 ou instantanément avec des stablecoins ?
L’architecture incomplète et batchée de la TradFi devra faire face à ses limites. Seuls des actifs tokenisés supportant nativement un trading 7×24×365, un règlement instantané, et une liquidité continue pourront combler cette dernière lacune.
C’est précisément pour cela que les concurrents—Coinbase, Ondo, Robinhood, MSX—se précipitent. La marée on-chain n’arrive pas, elle est déjà là. Ceux qui avancent lentement risquent l’obsolescence.
En résumé : Le système de trading 5×23 du Nasdaq n’est pas une réforme isolée. C’est un test de résistance, une preuve de concept, et une étape transitoire sur le chemin vers des marchés perpétuels tokenisés. La fenêtre d’1 heure que le Nasdaq a délibérément conservée n’est pas une contrainte—c’est un compte à rebours.
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La véritable raison derrière la pari audacieux de Nasdaq "5×23" : courir vers des marchés perpétuels et le jeu final de la tokenisation
Trader les actions américaines autrefois signifiait sacrifier son sommeil. Bientôt, cela pourrait aussi signifier sacrifier ses week-ends.
Alors que les marchés crypto ont prospéré grâce à leur rythme 24/7 depuis des années, la finance traditionnelle a enfin pris conscience de la pression. Le 15 décembre, le Nasdaq a franchi une étape décisive en déposant une demande auprès de la SEC pour transformer le trading d’actions, passant d’une fenêtre de 5 jours et 16 heures à une opération de 5 jours et 23 heures. Les chiffres sont simples : de 21h00 dimanche à 20h00 vendredi, avec seulement une heure unique (20:00-21:00 quotidiennement) pour la maintenance du système. La justification officielle paraît pratique—répondre à la demande des traders asiatiques et européens. Mais en creusant, on découvre quelque chose de bien plus stratégique : le Nasdaq orchestre une transition contrôlée vers des marchés financiers tokenisés, toujours actifs.
Ce n’est pas une simple extension des heures de trading. C’est une feuille de route soigneusement choreographiée sur trois ans, et décembre 2025 marque une étape critique supplémentaire.
La pression sur l’infrastructure : pourquoi cette dernière heure est si cruciale
En apparence, passer de 16 à 23 heures semble simple. Sur le plan opérationnel, c’est tout sauf évident.
L’écosystème TradFi actuel fonctionne comme une machinerie synchronisée. Courtiers, institutions de compensation (notamment DTCC), régulateurs, et entreprises elles-mêmes forment une toile complexe. Pour supporter un trading perpétuel, chaque composant doit fondamentalement changer :
Refonte opérationnelle globale :
L’infrastructure du marché n’a pas été conçue pour ce rythme. Chaque composant doit être harmonisé. Pourtant, le Nasdaq a consciemment choisi 23 heures, pas 24.
Pourquoi laisser cette dernière heure ? La réponse révèle la fragilité des systèmes traditionnels. Sous l’architecture centralisée de compensation (DTCC), cette heure de clôture sert de « fenêtre de tolérance aux fautes » critique—un moment pour le traitement batch des données, la réconciliation de fin de journée, le règlement des marges, et les vérifications d’intégrité du système. C’est l’équivalent pour une banque de faire ses comptes après la fermeture.
Cette fenêtre d’1 heure est un tampon nécessaire dans une infrastructure conçue pour des processus plus lents et batchés. La supprimer complètement expose tout le système à des risques opérationnels en cascade.
Voici l’intuition stratégique : En maintenant fermement le modèle « 5×23 » plutôt que de passer à « 5×24 », le Nasdaq réalise un test de résistance extrême à la coordination inter-institutionnelle de la TradFi. Il pousse le système actuel à ses limites absolues tout en évitant de le faire éclater. C’est intentionnel—un terrain d’expérimentation pour les changements architecturaux nécessaires à un règlement perpétuel véritable.
À l’inverse, les actifs tokenisés basés sur la blockchain supportent intrinsèquement un trading 7×24×365 avec un règlement atomique via des smart contracts. Pas de batch de fin de journée. Pas de fenêtres de réconciliation. Une liquidité continue pure.
Le problème de la balayage de liquidité : des bénéfices masqués par de nouveaux risques
Le récit autour du « 5×23 » profite énormément aux traders asiatiques—plus besoin de sessions de trading à minuit pour accéder aux actions américaines. C’est vrai. Mais les implications sur la microstructure du marché racontent une histoire plus compliquée.
Réalité actuelle : Le trading après-heures et avant-marché connaît déjà une croissance explosive. Au deuxième trimestre 2025, les volumes hors horaires traditionnels ont dépassé 2 milliards d’actions avec $62 milliard en chiffre d’affaires, représentant 11,5 % de tout le trading d’actions US—un record. Des plateformes comme Blue Ocean et OTC Moon ont capté une part croissante de cette demande, fragmentant la liquidité en dehors des bourses réglementées.
Ce que veut réellement le Nasdaq : Recapturer ces ordres. Ramener le trading nocturne dispersé dans le système centralisé et réglementé.
Ce qui pourrait réellement se produire : un balayage de la liquidité à travers les fuseaux horaires—une demande réelle répartie plus finement sur des heures prolongées. Pendant la partie « nuit » du nouveau créneau de 23 heures, les volumes seront faibles. Les conséquences sont mesurables :
La liquidité ne disparaît pas—elle se redistribue à travers les fuseaux horaires. C’est un coût caché que la plupart des participants n’ont pas encore pleinement intégré.
La stratégie maîtresse du Nasdaq : feuille de route sur trois ans vers le règlement on-chain
En élargissant la vue, le schéma devient évident. Les mouvements récents du Nasdaq forment une feuille de route coordonnée avec un objectif unique : permettre aux actions de se régler, circuler, et se revaloriser comme des tokens natifs de la blockchain.
Chronologie de la stratégie :
Mai 2024 : La règlementation sur le règlement des actions US est officiellement raccourcie de T+2 à T+1. Un ajustement apparemment mineur, mais en réalité une mise à niveau critique de l’infrastructure préparant les systèmes à des cycles plus rapides.
Début 2025 : Le Nasdaq signale publiquement son intention d’un trading 24/7, laissant entendre un lancement prévu pour la seconde moitié de 2026 d’un « service ininterrompu de cinq jours ».
Mi-2025 : En coulisses, le Nasdaq intègre la technologie blockchain dans son système Calypso pour une gestion automatisée 7×24 des collatéraux et marges. Les acteurs institutionnels comprennent clairement : le back-end va passer on-chain.
Septembre 2025 : Le Nasdaq dépose officiellement une demande auprès de la SEC pour lancer le trading d’actions tokenisées.
Novembre 2025 : La tokenisation devient la priorité stratégique explicite du Nasdaq.
12 décembre 2025 : Un moment clé—la filiale (Depository Trust Company) de la DTCC reçoit une lettre de non-opposition de la SEC approuvant les services de tokenisation d’actifs réels dans un environnement de production contrôlé, avec un lancement officiel prévu pour la seconde moitié de 2026. Cela résout les enjeux de conformité et de garde pour le règlement on-chain.
15 décembre 2025 : Le Nasdaq dépose la demande pour le trading « 5×23 » auprès de la SEC.
La danse synchronisée :
Ce n’est pas une coïncidence. C’est une orchestration institutionnelle vers une seule destination : le système financier perpétuel, on-chain.
Pourquoi cela compte pour l’écosystème plus large
Une fois que le modèle 5×23 sera normalisé, les attentes des utilisateurs vont inévitablement monter : pourquoi cette heure d’écart ? Pourquoi pas de trading le week-end ? Pourquoi ne puis-je pas régler en T+0 ou instantanément avec des stablecoins ?
L’architecture incomplète et batchée de la TradFi devra faire face à ses limites. Seuls des actifs tokenisés supportant nativement un trading 7×24×365, un règlement instantané, et une liquidité continue pourront combler cette dernière lacune.
C’est précisément pour cela que les concurrents—Coinbase, Ondo, Robinhood, MSX—se précipitent. La marée on-chain n’arrive pas, elle est déjà là. Ceux qui avancent lentement risquent l’obsolescence.
En résumé : Le système de trading 5×23 du Nasdaq n’est pas une réforme isolée. C’est un test de résistance, une preuve de concept, et une étape transitoire sur le chemin vers des marchés perpétuels tokenisés. La fenêtre d’1 heure que le Nasdaq a délibérément conservée n’est pas une contrainte—c’est un compte à rebours.