PIB de Tokyo face à la patience des banques centrales mondiales : un aperçu de la résilience économique et de la prudence politique dans les principales économies

Les données économiques récentes et les décisions de politique monétaire dans les principaux marchés développés et émergents révèlent une image complexe de résilience de la croissance, tempérée par des préoccupations persistantes concernant l’inflation et une patience politique. La performance du PIB de Tokyo et les conditions économiques plus larges du Japon s’inscrivent dans ce contexte mondial de positionnement prudent des banques centrales, avec des décideurs du monde entier privilégiant des approches basées sur les données plutôt que des ajustements politiques précipités.

La dynamique des profits en Chine faiblit tandis que la structure industrielle évolue

Les données sur les profits industriels de décembre en Chine dressent un tableau sobering de la perte de momentum économique, avec des profits cumulés depuis le début de l’année en hausse de seulement 0,1 % en glissement annuel, contre 1,9 % sur les dix premiers mois. En novembre, les profits ont chuté de 13,1 % en rythme annuel après une baisse de 5,5 % en octobre, représentant la contraction mensuelle la plus forte en plus d’un an. La faiblesse était concentrée dans les secteurs liés aux matières premières, où les profits de l’exploitation et du lavage du charbon ont chuté de 47,3 %, et l’extraction de pétrole et de gaz a reculé de 13,6 % en glissement annuel. Cependant, une résilience a persisté dans certains secteurs stratégiques : la fabrication de haute technologie a enregistré une croissance de 10 %, tandis que la fabrication d’équipements a progressé de 7,7 %. Selon la structure de propriété, les entreprises d’État ont contracté de 1,6 %, tandis que les entreprises privées ont à peine résisté avec une baisse de 0,1 %. Les analystes attribuent cette contraction à une faiblesse de la demande intérieure et à une déflation persistante en usine, soulignant la vulnérabilité des profits à moins que le pouvoir de fixation des prix et la relance de la demande ne se matérialisent.

Divergences politiques en Asie-Pacifique : la normalisation prudente de la BoJ et le contexte du PIB de Tokyo

Les données sur l’inflation au Japon sont arrivées plus fraîches que prévu, avec l’indice des prix à la consommation de Tokyo (hors aliments frais) ralentissant à 2,3 % en glissement annuel contre 2,8 %, dépassant largement les attentes. L’inflation globale a fortement diminué à 2,0 % contre 2,7 %, tandis que l’indice des prix à la consommation de base (hors aliments frais et énergie) s’est modéré à 2,6 % contre 2,8 %. Ce ralentissement provient principalement de coûts énergétiques et utilitaires plus faibles, ainsi que d’une croissance plus lente des prix des aliments transformés. Malgré ce refroidissement, toutes les mesures restent au-dessus ou proches de l’objectif de 2 % de la Banque du Japon, renforçant les attentes du marché que la BoJ poursuivra une normalisation prudente plutôt qu’un resserrement accéléré. La dernière projection de la banque indique que l’inflation restera proche, mais pas durablement au-dessus de 2 %, avec une inflation globale sous 2 % à court terme et une inflation sous-jacente approchant l’objectif. La BoJ prévoit une modération de l’inflation de 2,7 % en 2025 vers 2,0 % en 2027, avec un risque limité de dépassement. Les décideurs ont noté des preuves croissantes que la hausse des salaires commence à se répercuter sur les prix, renforçant la confiance dans la réalisation éventuelle de 2 %, bien que les progrès de janvier soient restés modestes. La politique restera accommodante pour l’instant, mais la BoJ envisage d’augmenter les taux si ses perspectives se confirment, en se basant sur l’évolution de l’inflation sous-jacente, des salaires, des coûts d’importation liés au change et des données clés comme les prix d’avril, plutôt que d’attendre mécaniquement la transmission complète des hausses précédentes. Cette approche prudente positionne la croissance du PIB de Tokyo et la dynamique économique globale du Japon dans un cadre d’ajustements progressifs, dépendant des données.

Surprise inflationniste en Australie et biais de resserrement de la RBA face aux spéculations sur une baisse des taux

Les données d’inflation de décembre et du quatrième trimestre en Australie ont réservé des surprises notables aux marchés. La publication trimestrielle s’est révélée plus ferme que les prévisions de la RBA, avec une inflation moyenne corrigée de 0,9 % trimestre sur trimestre et 3,3 % en glissement annuel, contre des prévisions de 0,75 % et 3,2 %. La NAB avait signalé un risque à la hausse, citant la pression continue des coûts du logement, une inflation des services particulièrement forte dans les prix des voyages saisonniers, et la hausse des coûts des véhicules. L’indice des prix à la consommation global, qui s’élevait à 3,4 % en novembre, reste au-dessus de la fourchette cible de 2-3 % de la RBA, bien que la banque centrale ait reconnu en décembre que la fermeté récente de l’inflation sous-jacente reflétait des facteurs temporaires, tout en signalant une augmentation du bruit dans les séries mensuelles. Toute hausse de l’inflation au T4 renforcerait le biais de resserrement de la banque, malgré une probabilité d’environ 60 % d’une baisse des taux en février, contre environ 30 % avant les dernières données sur l’emploi.

Consensus mondial des banques centrales : patience plutôt qu’urgence

Le paysage de la politique monétaire mondiale a renforcé un consensus de patience et de dépendance aux données plutôt que d’action urgente. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %, avec une inflation globale de décembre à 2,4 % en glissement annuel contre 2,2 %, légèrement au-dessus des attentes, en raison de prix plus élevés pour la nourriture, l’alcool et certains biens. La hausse reflète en partie des effets de base défavorables liés à la holiday GST de l’an dernier, qui ont compensé la forte baisse mensuelle des prix de l’énergie. Les mesures d’inflation de base sont restées globalement stables, avec l’indice CPI hors alimentation et énergie en légère hausse, tandis que les mesures de base préférées de la BoC ont diminué, suggérant que les pressions inflationnistes sous-jacentes restent contenues. Oxford Economics estime que la banque ne sera pas influencée par la volatilité mensuelle des chiffres globaux causée par des effets de base, mais se concentrera plutôt sur les tendances sous-jacentes autour de 2 %. Les risques à la hausse liés aux tarifs américains et à l’incertitude commerciale élevée persistent, Oxford Economics et NAB anticipant que la Banque du Canada restera en pause jusqu’au début de 2027.

La Riksbank a maintenu ses taux à 1,75 % conformément à ses prévisions de décembre, après des tendances d’inflation plus faibles que prévu, avec le CPIF ralentissant à 2,1 % en glissement annuel contre 2,3 %, sous-estimant la prévision de la Riksbank. Sur le volet économique, le PIB a rebondi plus que prévu en novembre, tandis que la consommation des ménages a également dépassé les attentes. Malgré la faiblesse du marché du travail, les analystes de SEB s’attendent à ce que les taux restent inchangés jusqu’en 2026, avec seulement une faible probabilité d’ajustement au quatrième trimestre 2025.

La Banque centrale du Brésil a maintenu le taux Selic à 15,00 %, en conservant un langage prudent décrivant la position actuelle comme « adéquate » pour la convergence de l’inflation tout en laissant une marge de manœuvre pour un assouplissement futur. Les données d’inflation de décembre ont ensuite surpris à la baisse, avec une inflation annuelle de 2025 terminant à 4,26 %, dans la fourchette cible officielle, contrairement aux prévisions antérieures. Pantheon Macroeconomics qualifie la position de la BCB de hawkish, mais note les progrès améliorés dans la désinflation, considérant qu’une première baisse des taux est plus probable en mars.

Réserve fédérale et zone euro : la résilience face à la patience

Le Comité fédéral du marché ouvert (FOMC) a maintenu le taux directeur inchangé entre 3,50 % et 3,75 %, une décision largement anticipée, en se concentrant plutôt sur les indications concernant le calendrier d’éventuels assouplissements futurs. Les données récentes soulignent la croissance résiliente des États-Unis et une inflation persistante, ce qui milite contre une réduction rapide des taux. L’économie a connu une forte croissance au second semestre 2025, tandis que l’inflation reste au-dessus de l’objectif, renforçant la communication du FOMC axée sur les données et la patience. Les marchés surveillent attentivement l’évaluation de Powell sur la persistance de l’inflation, la tension sur le marché du travail et les conditions financières, avec une attente que les taux resteront probablement stables jusqu’au premier trimestre 2026, avec une éventuelle baisse plus tard dans l’année si l’inflation diminue davantage. Peu de surprises sont ressorties de la réunion, bien que la surveillance politique autour de la banque centrale ait intensifié l’attention sur l’indépendance institutionnelle.

Les données préliminaires du PIB du quatrième trimestre dans la zone euro montrent une croissance de 0,3 % en glissement trimestriel, en reprise par rapport au deuxième trimestre, avec l’Allemagne affichant 0,2 % selon les premières estimations. Les indices PMI indiquent une dynamique de croissance, bien que l’Allemagne reste à surveiller, car l’industrie a connu un ralentissement durant le trimestre. La BCE a maintenu le taux de dépôt à 2 %, dans ce qu’elle qualifie de « bonne position », la résilience de la croissance tout au long de 2025 ayant conduit à des révisions récentes des attentes concernant le taux directeur.

PIB de Tokyo et dynamiques de croissance mondiales

L’image économique globale intégrant les données du PIB de Tokyo et la performance économique du Japon illustre comment les grandes économies développées naviguent face à des défis communs : une croissance à court terme résiliente face à une inflation persistante encore supérieure aux cibles des banques centrales. La démarche mesurée du Japon en matière de normalisation monétaire, illustrée par ses orientations prudentes sur la hausse des taux et son cadre décisionnel dépendant de l’inflation, reflète ce pattern mondial. Les banques centrales des économies avancées ont en grande partie convergé vers une posture d’attente, préférant accumuler davantage de preuves avant de commencer à réduire les taux, même si certains marchés émergents font face à des trajectoires d’inflation différentes nécessitant de maintenir des taux restrictifs. La performance économique de Tokyo et la position de la politique monétaire du Japon incarnent cette dynamique globale : gérer la croissance tout en assurant la stabilité des prix, plutôt que de privilégier l’un ou l’autre.

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