Mars : le climat au Brésil prépare le terrain pour une pression prolongée sur le marché du café

Des schémas de précipitations inhabituels à travers le Brésil au début mars redéfinissent les perspectives du marché mondial du café, avec des contrats à terme arabica et robusta subissant des pressions divergentes. Au début mars, les contrats à terme arabica ont montré des gains modestes, tandis que les prix du robusta ont reculé à leurs niveaux les plus bas ces dernières semaines. La principale cause : de fortes précipitations dans le cœur producteur de café du Brésil renforcent les attentes de récolte, alors que le monde fait face à d’éventuels excédents d’approvisionnement.

Pluies excessives dans la zone clé de production de café au Brésil atténuent les perspectives de prix

La région de Minas Gerais, principale zone de production d’arabica au monde, a reçu en fin janvier des précipitations nettement supérieures à la normale — 69,8 mm enregistrés pour la semaine, soit 117 % au-dessus des moyennes historiques selon Somar Meteorologia. Cette humidité excédentaire devrait améliorer les rendements des caféiers, créant un environnement de récolte favorable. Cependant, des perspectives d’offre abondante sont précisément ce que le marché ne souhaite pas voir en ce moment.

La réaction du marché a été rapide. Les contrats à terme arabica ont récemment trouvé un support après avoir rebondi d’un creux de 5,5 mois, bien que les prix restent sous une pression vendeuse persistante. L’agence gouvernementale brésilienne de l’agriculture, Conab, a accentué ces inquiétudes début décembre, en augmentant sa prévision de récolte 2025 de 2,4 %, à 56,54 millions de sacs — une hausse significative par rapport à l’estimation de septembre précédent de 55,20 millions de sacs.

Ce schéma de précipitations reflète des dynamiques météorologiques plus larges au Brésil, qui favorisent généralement la production mais pèsent sur le sentiment des traders. Avec des attentes d’offre abondante désormais intégrées dans les prévisions, la faiblesse des prix semble structurelle plutôt que temporaire.

L’essor des exportations du Vietnam aggrave la faiblesse des prix du robusta

Alors que l’arabica navigue dans les défis météorologiques brésiliens, le marché du robusta fait face à ses propres vents contraires. Le Vietnam, premier producteur mondial de robusta, a rapporté en début janvier une hausse spectaculaire de 17,5 % en glissement annuel de ses exportations de café pour 2025, atteignant 1,58 million de tonnes métriques. Cette dynamique d’exportation agressive souligne l’avantage concurrentiel croissant du Vietnam sur le marché mondial du café.

Les perspectives de production renforcent ces inquiétudes. Pour la saison 2025/26, la production vietnamienne devrait augmenter de 6 % en glissement annuel, à 1,76 million de tonnes (29,4 millions de sacs), atteignant un sommet de quatre ans. Des responsables de l’Association du café et du cacao du Vietnam ont suggéré fin octobre que, si le temps favorable persiste, la production pourrait encore augmenter — potentiellement de 10 % par rapport à la récolte précédente.

Cette poussée du Vietnam mine directement la valorisation du robusta, alors que les marchés mondiaux peinent à absorber l’augmentation des stocks provenant à la fois du Brésil, puissance historique, et du Vietnam, fournisseur en pleine croissance.

Accumulation de stocks : signe d’une normalisation après la tension de 2025

Le signe le plus clair de l’évolution des dynamiques du marché réside dans les stocks en entrepôt sur les principales bourses. Les stocks d’arabica surveillés par ICE, qui ont chuté à un creux de 1,75 an à 398 645 sacs en novembre, ont rebondi fortement pour atteindre 461 829 sacs à la mi-janvier — toujours élevés. Les stocks de robusta ont suivi une trajectoire similaire : après avoir touché un minimum d’un an de 4 012 lots en décembre, ils ont augmenté pour atteindre 4 609 lots fin janvier.

Cette normalisation des stocks, combinée aux prévisions météorologiques brésiliennes annonçant des récoltes robustes, suggère que la tension d’approvisionnement de 2025 s’atténue. Le marché passe d’une psychologie de rareté à celle d’abondance.

Offre mondiale de café : pic de production prévu, stocks de fin d’année en baisse

Sur le plan mondial, le USDA, via son Service d’agriculture étrangère, a prévu en décembre que la production mondiale de café pour 2025/26 atteindrait un record de 178,848 millions de sacs, en hausse de 2 % par rapport à l’année précédente. Cependant, cette projection masque des tendances régionales divergentes : la production d’arabica devrait diminuer de 4,7 %, à 95,515 millions de sacs, tandis que celle du robusta augmente de 10,9 %, à 83,333 millions de sacs.

La récolte 2025/26 du Brésil est spécifiquement forecastée en baisse de 3,1 %, à 63 millions de sacs, malgré les bénéfices à court terme des précipitations. À l’inverse, la production vietnamienne devrait augmenter de 6,2 %, atteignant un sommet de quatre ans à 30,8 millions de sacs, renforçant le déplacement du centre de gravité de la production vers l’est.

Malgré cette production record, les stocks de fin d’année 2025/26 devraient se réduire de 5,4 %, à 20,148 millions de sacs, contre 21,307 millions l’année précédente. Cette réduction indique que, même avec une production record, la tension entre offre et demande pourrait persister — bien que moins aiguë que lors de la crise de 2025.

L’Organisation internationale du café a confirmé ce contexte de resserrement en novembre, en rapportant que les exportations mondiales de café pour l’année commerciale en cours (octobre à septembre) ont diminué de 0,3 %, à 138,658 millions de sacs, malgré une croissance de la production.

La connexion avec la météo au Brésil : soulagement à court terme, questions à long terme

Les schémas météorologiques de mars au Brésil mettent en évidence une tension fondamentale sur le marché du café. Des précipitations favorables soutiennent la production mais accentuent les inquiétudes liées à une surabondance d’offre qui pèsent sur les prix. Pour les traders, la question est de savoir si la production mondiale record et la reconstitution des stocks finiront par stabiliser les prix après deux années de volatilité — ou si des disruptions régionales et un changement de géographie des producteurs créeront de nouveaux chocs.

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