La justification d'un milliard de dollars : pourquoi les géants de l'IA ont besoin que vous craigniez pour votre emploi

Les avertissements selon lesquels l’IA va prendre votre emploi sont devenus une rengaine familière dans le secteur de la technologie. Le fondateur d’OpenAI, Sam Altman, affirme que l’IA pourrait remplacer 40 % des emplois, tandis que Dario Amodei, PDG d’Anthropic, met en garde contre la possibilité que l’IA élimine des emplois dans plusieurs industries. Le ton est urgent et la conclusion implicite : la disruption est inévitable.

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Ce qui manque à cette conversation, ce n’est pas la préoccupation pour les travailleurs, mais la responsabilité du capital.

Ce récit chargé de peur provient des mêmes PDG qui ont reçu des milliards de dollars de financement – sans retour sur investissement pour justifier l’ampleur de ces paris. Même en prévoyant des disruptions dans la main-d’œuvre et la fin de l’ingénierie logicielle, ils continuent d’embaucher des milliers d’ingénieurs. La contradiction est difficile à ignorer.

L’IA ne vient pas pour votre salaire. Mais elle remet en question l’économie du logiciel telle que nous la connaissons.

Les actions dans le secteur des logiciels et des données ont chuté de plusieurs milliards de dollars suite à la sortie de nouveaux outils comme Claude Cowork d’Anthropic et Codex d’OpenAI. Ces systèmes peuvent désormais écrire des logiciels et lancer des programmes sans que les utilisateurs n’aient jamais appris à coder. Ils peuvent aussi gérer des données, examiner des contrats et effectuer une large gamme de tâches spécifiques à une industrie. Comparé à l’économie traditionnelle du logiciel – une licence coûteuse par utilisateur – ce changement a son importance.

Il existe deux façons d’interpréter ces développements. L’une est basée sur la réalité : ce sont des avancées en ingénierie qui améliorent la productivité et réduisent les frictions. L’autre récit est bien plus dramatique. Dans cette version, les modèles d’IA sont présentés comme des forces irrésistibles prêtes à remplacer la main-d’œuvre humaine. Cette histoire n’est pas exacte. Mais il y a une raison pour laquelle elle est racontée.

Former et faire fonctionner des modèles d’IA comme Codex et Claude coûte énormément. Ils dépendent d’une infrastructure informatique massive nécessitant d’énormes investissements initiaux et une consommation d’énergie soutenue. Les coûts d’électricité et de refroidissement ne diminuent pas une fois les systèmes en place – ils deviennent une partie intégrante du coût continu de faire des affaires.

Selon toute norme traditionnelle, ce modèle économique n’est pas durable, encore moins efficace. Mais l’efficacité n’est pas le but. Pour justifier des milliards de dollars de financement, les géants de la tech doivent promettre des retours tout aussi astronomiques – sous la forme d’une transformation économique totale, et non de gains de productivité marginaux. « Notre modèle d’IA aide les gens à travailler 20 % plus vite » ne suffira pas. Affirmer qu’il va bouleverser la main-d’œuvre mondiale et éliminer la moitié des emplois débutants pourrait – même si les preuves sont faibles – faire partie de cette promesse.

En réalité, l’IA n’a pas besoin de remplacer les travailleurs pour être disruptive. La simple substitution de logiciels suffit déjà. Mais ce genre de disruption est plus discrète que les licenciements massifs, c’est pourquoi elle est souvent minimisée. Les gains de productivité et le déplacement de logiciels ne justifient pas des paris de plusieurs trillions de dollars – ce sont les affirmations spectaculaires sur l’effondrement du marché du travail qui le font.

Ce décalage a obscurci la véritable origine de la pression. Ce ne sont pas les travailleurs, mais les entreprises de logiciels traditionnels qui subissent le choc réel.

Les fournisseurs basés sur des licences par utilisateur et des outils statiques voient leur économie comprimée alors que les systèmes d’IA raccourcissent les délais de développement et réduisent les coûts de maintenance. Leurs plateformes sont coûteuses, nécessitent beaucoup d’entretien et deviennent de plus en plus risquées d’un point de vue sécurité.

Pendant ce temps, des outils comme Claude et Codex réduisent le temps de développement et demandent peu de maintenance. Ils dépendent aussi d’un aspect du jugement humain. Cela met la pression sur les modèles de logiciels traditionnels – pas sur les personnes qui font le travail. Un marché du travail en refroidissement ou des pauses dans l’embauche pour certains rôles ne sont pas équivalents à des licenciements massifs pilotés par l’IA. Les conditions économiques, la restructuration et la réduction des coûts continuent de façonner les tendances de l’emploi, et l’IA n’apparaît que dans 4,5 % des plans de licenciement en 2025.

Mais il existe une autre voie – une qui considère l’IA non comme un substitut à la capacité humaine, mais comme un complément. Les systèmes d’IA dépendent toujours du jugement, de la créativité et de la direction humaines. Ils ne s’inspirent pas d’eux-mêmes. Lorsqu’ils sont conçus pour renforcer plutôt que remplacer, l’IA peut aider les gens à résoudre des problèmes plus complexes, à acquérir de nouvelles compétences et à créer une valeur économique qui n’existerait pas autrement.

Briser le récit de catastrophe et de déplacement nécessite de mettre l’IA entre les mains des individus et des organisations plutôt que de la concentrer dans des systèmes distants. Lorsque les gens contrôlent la technologie, elle devient un outil pour étendre leurs capacités. Cette approche construit un avenir où humains et IA travaillent ensemble, plutôt que de supposer qu’un doit éliminer l’autre.

La main-d’œuvre ne s’effondre pas, mais le récit « l’IA va vous remplacer » est utile pour ceux dont la valorisation dépend de dépenses massives en capital et ceux qui cherchent à détourner l’attention des disruptions moins visibles déjà en cours.

Donc, la prochaine fois qu’un PDG de la tech vous avertit que votre emploi disparaît, posez-lui une question simple : qui profite à ce que vous croyiez cela ?

Les opinions exprimées dans les articles de Fortune.com sont uniquement celles de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Fortune.

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