Quatre voies pour empêcher l'augmentation de l'âge de la retraite de la sécurité sociale et la réduction des prestations

Le système de sécurité sociale fait face à une croisée des chemins financièrement critique. Selon les dernières projections du Conseil des trustees de la sécurité sociale, le Fonds de réserve de l’assurance vieillesse et survivants (OASI) devrait s’épuiser d’ici 2033. Ce calendrier traduit une réalité sombre : sans intervention politique, les prestations diminueraient automatiquement de 23 % dans l’ensemble. La question que les décideurs doivent désormais se poser n’est pas de savoir si une réforme est nécessaire, mais quelle combinaison de changements permettrait de préserver au mieux ce programme de retraite fondamental.

Le problème sous-jacent provient de changements démographiques. Avec le vieillissement de la population, les coûts ont dépassé les revenus générés. Le programme de sécurité sociale prévoit actuellement un déficit de 26 000 milliards de dollars sur les 75 prochaines années. Cependant, un consensus croissant parmi les experts en politique fiscale suggère que plusieurs stratégies de réforme—lorsqu’elles sont combinées de manière réfléchie—pourraient éliminer complètement ce déficit de financement.

Élargir la base fiscale : supprimer le plafond de revenu

La sécurité sociale fonctionne sur un système de cotisations sociales dédiées. Les travailleurs et les employeurs contribuent chacun à hauteur de 6,2 % du salaire, ce qui donne un taux combiné de 12,4 %. Cependant, ce système comporte une limite critique : les revenus supérieurs à 184 500 dollars (seuil de 2026) échappent à la taxation. Ce plafond limite considérablement la croissance des recettes.

Le Comité pour un budget fédéral responsable (CRFB) a analysé ce qui se passerait si les décideurs éliminaient totalement ce plafond de revenu. Appliquer la cotisation de sécurité sociale à tous les gains—quelle que soit leur montant—permettrait de couvrir environ 50 % du déficit de financement sur 75 ans. Pour les revenus plus élevés, cela représenterait un changement significatif. Pour l’ensemble du système de sécurité sociale, cela constituerait une voie simple pour élargir la base de revenus sans modifier les structures de prestations.

Renforcer les recettes par une ajustement du taux de cotisation

Une approche parallèle consiste à ajuster le taux de cotisation lui-même. Actuellement fixé à 12,4 %, cette contribution combinée des employés et des employeurs pourrait être augmentée. Si le taux était porté à 13,6 %—ce qui impliquerait que chaque partie contribue à hauteur de 6,8 %—le déficit de financement diminuerait de 31 %, selon l’analyse du CRFB.

Cette stratégie représente une augmentation pure des recettes. Plutôt que de réduire les prestations ou de restructurer radicalement l’éligibilité à la retraite, les décideurs demanderaient aux travailleurs actuels et futurs de contribuer un peu plus. Pour une personne gagnant 50 000 dollars par an, cela se traduirait par une contribution supplémentaire de 100 dollars par an. Bien que ce ne soit pas négligeable, cette augmentation modérée contraste fortement avec l’alternative : des réductions automatiques de 23 % des prestations.

Restructurer l’âge de la retraite complète : une approche progressive

Parmi les stratégies de maîtrise des coûts, augmenter progressivement l’âge de la retraite complète (FRA) mérite une attention particulière. Actuellement, les travailleurs nés en 1960 ou plus tard doivent attendre 67 ans pour bénéficier de la retraite complète. Cependant, augmenter progressivement cette exigence à 68 ans—sur une période de 24 ans (un mois tous les deux ans)—permettrait de couvrir 12 % du déficit à long terme.

Cette approche d’augmentation progressive de l’âge de la retraite diffère nettement des changements immédiats et radicaux. La période de mise en œuvre de 24 ans permet aux travailleurs d’ajuster leurs plans. Une personne entrant sur le marché du travail aujourd’hui serait concernée par cette nouvelle exigence ; une personne approchant de la retraite resterait largement inchangée. Il est important de noter que les travailleurs pourraient toujours percevoir des prestations à 62 ans, mais avec des paiements réduits de façon permanente pour cette option. Cela préserve le choix individuel tout en encourageant une participation plus longue à la vie active.

Ajustements ciblés des prestations selon le revenu : une alternative spécifique

Une quatrième voie consiste à restructurer le calcul des prestations pour les retraités à revenus plus élevés. Actuellement, les prestations de sécurité sociale sont déterminées par une formule utilisant trois « points de flexion » (bend points). Ce système garantit que les travailleurs à faibles revenus reçoivent une proportion plus élevée de leurs gains avant la retraite, tandis que ceux à revenus plus élevés en reçoivent une proportion plus faible. Environ 20 % de la population gagne suffisamment pour être affectée par le point de flexion le plus élevé.

L’analyse du CRFB indique que réduire le pourcentage du revenu au-dessus du troisième point de flexion converti en prestations—de 15 % à seulement 5 %—permettrait de réduire le déficit de 9 %. Cela signifierait que seuls les plus hauts revenus verraient des ajustements significatifs de leurs prestations. Les retraités à revenus faibles ou modérés ne subiraient aucune modification.

La solution globale : combiner les réformes

La véritable puissance réside dans la combinaison de ces quatre stratégies. Supprimer les plafonds de revenu (réduction du déficit de 50 %) + augmenter le taux de cotisation (31 %) + augmenter progressivement l’âge de la retraite (12 %) + ajuster les prestations pour les plus riches (9 %) = élimination de 102 % du déficit de financement.

Ce chiffre de 102 % représente une insight essentielle : les décideurs n’ont pas besoin d’adopter toutes les stratégies en même temps, ni qu’une seule approche supporte l’intégralité du fardeau. Une combinaison permettant d’éliminer simplement le déficit principal pourrait inclure la suppression du plafond de revenu et de modestes augmentations du taux de cotisation, tout en conservant les attentes actuelles concernant l’âge de la retraite et les structures de prestations pour les plus faibles revenus.

Évaluer les compromis et la réalité du calendrier

La date d’épuisement de 2033 peut sembler lointaine, mais elle intervient dans le horizon de carrière des travailleurs plus jeunes d’aujourd’hui. Une action précoce permet de préserver la flexibilité. Attendre que le fonds s’épuise oblige à prendre des décisions en mode crise, ce qui entraîne généralement des ajustements plus sévères que ceux qu’une réforme progressive pourrait imposer.

Le défi pour Washington consiste à équilibrer des valeurs concurrentes : équité intergénérationnelle, suffisance des prestations pour les populations vulnérables, incitations à la participation au marché du travail et responsabilité fiscale. Contrairement à certains problèmes politiques qui n’offrent qu’une seule solution, la durabilité de la sécurité sociale permet un véritable choix entre plusieurs voies de réforme. La question pour les décideurs n’est pas de savoir si l’âge de la retraite sociale sera intégré dans la discussion, mais comment intégrer de manière réfléchie ces ajustements liés à l’âge dans une stratégie de réforme plus large qui protège le programme pour les générations futures.

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