Du grand écran au bureau de vente : la bataille cachée de Chi Zhongrui derrière la fortune de 58 milliards

Dans un centre de vente de luxe situé dans le Jinyu Hutong de Pékin, où les propriétés avoisinent les 160 000 yuan par mètre carré, Chi Zhongrui se tient devant des acheteurs potentiels, vêtu d’un costume élégant, sa tête polie brillant sous les lumières. Il parle d’un ton doux et mesuré, avec des mots qui ont autrefois captivé des millions — la familiarité de Tang Seng dans l’adaptation télévisée légendaire de 1980 de Journey to the West. Pourtant, il y a une ironie indéniable : le moine qui voyageait autrefois pour l’illumination se trouve aujourd’hui engagé dans une quête bien différente — vendre de l’immobilier. Le contraste est impossible à ignorer, et soulève une question gênante : pourquoi un homme dont la famille est supposée détenir 58 milliards d’actifs doit-il personnellement gérer la vente de propriétés ?

Le mariage de 1990 qui a bouleversé une vie

La réponse nécessite de remonter trente-six ans en arrière. En 1990, Chi Zhongrui a contracté un mariage qui allait fondamentalement changer le cours de son existence. Son épouse était Chen Lihua, une entrepreneure renommée, âgée de onze ans de plus que lui, déjà reconnue comme l’une des femmes d’affaires les plus prospères de Chine. À travers des entreprises telles que le prestigieux groupe Fuhua et le célèbre musée Zitan, Chen Lihua s’était forgé une réputation de titan du commerce et de la culture. Pour Chi Zhongrui, qui venait tout juste de passer de la scène à l’arrière-plan, cette union ressemblait à un conte de fées — un « phénix volant vers la couronne », comme certains observateurs le notaient à l’époque.

Mais les contes de fées ne correspondent que rarement à leur récit. Ce qui a émergé, c’est une alliance soigneusement construite, régie par des hiérarchies invisibles et des règles tacites. Chi Zhongrui s’est presque totalement retiré de la vie publique, abandonnant ses rôles d’acteur et ses apparitions télévisées. Ses journées étaient désormais occupées par des obligations familiales et la gestion des affaires — mais en tant qu’exécuteur plutôt que décideur. Lors des rassemblements officiels, lui et son épouse s’adressaient l’un à l’autre non pas avec des termes d’affection, mais avec des titres : « Président » et « M. Chi ». Leur existence suivait des protocoles stricts : repas servis à des rythmes précis, une hygiène impeccable toujours maintenue, pas une seule mèche de cheveux en désordre. La tête rasée, devenue sa marque de fabrique ? Non pas par préférence, mais par nécessité de projeter une dignité solennelle perpétuelle.

58 milliards d’actifs : richesse visible mais inaccessible

Ce chiffre hante les discussions en ligne : 58 milliards de yuan en actifs familiaux. Ce nombre a cimenté la réputation de Chi Zhongrui comme ayant accompli « le mariage le plus réussi de l’histoire ». Pourtant, la réalité est bien plus complexe. Chi Zhongrui n’occupe aucune position officielle — il n’est ni actionnaire du groupe Fuhua ni représentant légal du musée Zitan. Il ne possède aucune part, aucune garantie d’héritage, même pas un titre de vice-président. Sa fonction ressemble davantage à celle d’un figure de proue culturelle qu’à celle d’un détenteur de pouvoir, un symbole visible dont l’autorité réelle reste fortement limitée.

Ce tableau précaire est aggravé par l’érosion même de l’empire familial. Le groupe Fuhua fait face à des obstacles croissants dans la vente de propriétés. Le musée Zitan, malgré son prestige, perd de l’argent chaque année à cause des factures d’électricité et des coûts de main-d’œuvre qui atteignent des millions. La fréquentation reste insuffisante pour couvrir ces frais, et les ventes en direct en ligne — de plus en plus utilisées comme solution de revenu — ne génèrent pas de flux de trésorerie durable. En somme, les 58 milliards ne sont qu’un mirage : importants sur le papier, mais fondamentalement inaccessibles aux véritables besoins et désirs de Chi Zhongrui.

Pourquoi Chi Zhongrui doit agir

Dans ce contexte en dégradation, la décision de Chi Zhongrui de promouvoir personnellement des propriétés n’est plus une option, mais une nécessité. Plutôt que de parler de « vendre des maisons », il serait plus juste de dire qu’il « sauve l’entreprise familiale ». Les internautes se moquent de lui avec des phrases comme « Tang Seng ne peut pas échapper à la réduction dimensionnelle », mais il répond sans plainte ni défensive. Lors d’une conversation privée, il a simplement expliqué : « Je ne vends pas des maisons ; je travaille pour la famille. Je peux le faire, et je suis prêt à le faire. »

Ces mots, bien que simples, portent un poids profond. Chi Zhongrui a accepté un marché : abandonner sa liberté en échange de la stabilité familiale, renoncer à la lumière pour une sécurité de position. En plus de trente ans, il a maintenu une performance sans script, une vie chorégraphiée non par ambition personnelle, mais par obligation familiale.

Responsabilité plutôt que fortune : une autre conception de la richesse

Le contraste avec un autre acteur de Tang Seng est éclairant. Xu Shaohua, qui incarnait le moine dans une adaptation antérieure, a suivi une voie différente. Après la fin de la série, il a accumulé des richesses par des performances commerciales, des cérémonies de coupure de ruban, et des apparitions télévisées — exploitant la marque Tang Seng pour son propre profit. Certains l’ont condamné comme mercenaire ; d’autres l’ont qualifié de pragmatique. Pourtant, Xu Shaohua conservait une certaine liberté ; Chi Zhongrui, lui, l’a abandonnée.

Lorsque les observateurs voient Chi Zhongrui dans un bureau de vente et rient du spectacle d’un homme réputé milliardaire vendant des propriétés, ils confrontent en réalité leur propre incompréhension de la dynamique familiale riche. La blague ne révèle pas sa dégradation, mais son engagement — un engagement qui redéfinit ce que « richesse » et « substance » signifient réellement. Son apparence — cette apparence méticuleusement entretenue — a perdu de son importance le moment où il a embrassé une responsabilité volontaire plutôt que la recherche du succès personnel.

La véritable « vraie écriture », pour emprunter la terminologie bouddhiste, ne consiste pas en trésors d’or et d’argent. Elle réside dans la capacité à assumer ses responsabilités, à persévérer face à l’adversité, et dans le courage discret d’accepter son rôle dans une structure familiale complexe. Chi Zhongrui enseigne une leçon inconfortable : parfois, le sacrifice le plus profond n’est pas visible, mais silencieux — celui qui passe inaperçu jusqu’à ce que quelqu’un prenne enfin le temps d’observer ce qui se cache sous la surface.

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