Beaucoup de gens ne réalisent pas une réalité cruelle tout au long de leur vie : ces « vertus » qu’on leur a répété sans cesse depuis l’enfance ne sont pas nécessairement destinées à leur permettre de mieux vivre, mais plutôt à faciliter leur gestion et leur exploitation. L’honnêteté, la sincérité et la bonté sont hautement louées dans la culture, mais elles ne constituent souvent qu’une contrainte pour les faibles. Les véritables forts sont rarement invités à être transparents et sans réserve en toutes circonstances ; on leur enseigne la maîtrise de soi, la dissimulation, l’ambiguïté et la prudence. À l’inverse, les personnes issues des classes populaires sont souvent éduquées à répondre à toutes les questions, à ne pas avoir de limites, à considérer la franchise comme une marque de culture, et l’exposition comme de l’intégrité. Ainsi, dès leur entrée dans la société, elles remettent volontairement leurs cartes — antécédents familiaux, ressources, lacunes en expérience — ce qui, aux yeux des autres, n’est qu’un rapport d’évaluation des risques gratuit. Le résultat est souvent le suivant : ce ne sont pas les idiots qui sont les plus vulnérables, mais ceux qui sont trop honnêtes ; ce ne sont pas les peu cultivés, mais ceux qui considèrent la morale comme leur règle de survie. Plus cruel encore, ce n’est pas une coïncidence, mais une construction culturelle systémique. Elle vous enseigne la bonté, mais pas la limite ; la confiance, mais pas la capacité à reconnaître les motivations. Lorsqu’on commence à gagner de l’argent, on devient en réalité plus vulnérable à cause de l’ignorance de la dissimulation et de l’habitude de ne pas douter. Le problème ne réside pas dans la bonté elle-même, mais dans l’absence de défense. Les personnes véritablement matures sont celles qui sont capables d’être bonnes de manière contrôlée, sincères dans une limite raisonnable, et qui conservent toujours un espace d’ambiguïté. Emballer une absence de défense en un bastion moral est le plus grand piège de la culture des pauvres. Reconnaître cela, ce n’est pas devenir mauvais, mais c’est la première fois que vous prenez réellement vos responsabilités envers vous-même.
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Beaucoup de gens ne réalisent pas une réalité cruelle tout au long de leur vie : ces « vertus » qu’on leur a répété sans cesse depuis l’enfance ne sont pas nécessairement destinées à leur permettre de mieux vivre, mais plutôt à faciliter leur gestion et leur exploitation. L’honnêteté, la sincérité et la bonté sont hautement louées dans la culture, mais elles ne constituent souvent qu’une contrainte pour les faibles. Les véritables forts sont rarement invités à être transparents et sans réserve en toutes circonstances ; on leur enseigne la maîtrise de soi, la dissimulation, l’ambiguïté et la prudence. À l’inverse, les personnes issues des classes populaires sont souvent éduquées à répondre à toutes les questions, à ne pas avoir de limites, à considérer la franchise comme une marque de culture, et l’exposition comme de l’intégrité. Ainsi, dès leur entrée dans la société, elles remettent volontairement leurs cartes — antécédents familiaux, ressources, lacunes en expérience — ce qui, aux yeux des autres, n’est qu’un rapport d’évaluation des risques gratuit. Le résultat est souvent le suivant : ce ne sont pas les idiots qui sont les plus vulnérables, mais ceux qui sont trop honnêtes ; ce ne sont pas les peu cultivés, mais ceux qui considèrent la morale comme leur règle de survie. Plus cruel encore, ce n’est pas une coïncidence, mais une construction culturelle systémique. Elle vous enseigne la bonté, mais pas la limite ; la confiance, mais pas la capacité à reconnaître les motivations. Lorsqu’on commence à gagner de l’argent, on devient en réalité plus vulnérable à cause de l’ignorance de la dissimulation et de l’habitude de ne pas douter. Le problème ne réside pas dans la bonté elle-même, mais dans l’absence de défense. Les personnes véritablement matures sont celles qui sont capables d’être bonnes de manière contrôlée, sincères dans une limite raisonnable, et qui conservent toujours un espace d’ambiguïté. Emballer une absence de défense en un bastion moral est le plus grand piège de la culture des pauvres. Reconnaître cela, ce n’est pas devenir mauvais, mais c’est la première fois que vous prenez réellement vos responsabilités envers vous-même.