Il existe un point de vue intéressant souligné par la dernière analyse de la société Incrementum, le rapport « In Gold We Trust ». Comprendre la position actuelle du marché de l’or et tracer le graphique des prix dans 20 ans nécessite une compréhension précise de la situation du marché à l’instant présent. Le rapport suggère que d’ici la fin 2030, le prix de l’or pourrait atteindre environ 8 900 dollars, ce qui n’est pas un rêve lointain, mais une prévision étayée par plusieurs facteurs structurels.
La situation actuelle du marché de l’or est en « phase d’entrée d’achat »
Ce n’est pas la première fois que la tendance haussière du prix de l’or s’est intensifiée. Au cours des cinq dernières années, le prix de l’or a augmenté de 92 %, tandis que la puissance d’achat du dollar américain a diminué d’environ 50 %. Ce phénomène ne se limite pas à une simple hausse de l’or, mais remet en question la fiabilité même de la monnaie de référence.
Selon la théorie de Dow, si l’on divise le marché en trois phases, l’or se trouve actuellement en « phase d’entrée des investisseurs généraux ». Cette étape se caractérise par une couverture médiatique optimiste, une expansion de la base d’investisseurs au grand public, et l’émergence de nouveaux produits financiers. En effet, au premier trimestre 2025, 21,1 milliards de dollars ont été investis dans des ETF or, atteignant le deuxième plus haut niveau historique. Cependant, si l’on considère que les flux vers les ETF actions sont huit fois supérieurs à ceux vers les ETF or, et que ceux vers les ETF obligataires sont cinq fois supérieurs, il reste évident que l’entrée des investisseurs institutionnels n’en est qu’à ses débuts. En imaginant le graphique dans 20 ans, on peut voir que nous sommes encore au début de la phase de hausse.
Trois facteurs structurels qui soutiennent la hausse du prix de l’or
Facteur 1 : La réorganisation du système financier mondial
Comme le souligne l’article de Zoltan Pozsar, « Bretton Woods III », le monde est en transition vers un nouveau régime monétaire. La transition d’un système basé sur le dollar en tant que monnaie de référence vers un ordre multipolaire, mettant davantage l’accent sur la garantie par l’or, est en cours.
La réévaluation de l’or en tant qu’actif de règlement international repose sur des raisons claires. Premièrement, l’or est neutre et n’appartient à aucun pays. Deuxièmement, il n’y a pas de risque de contrepartie, c’est un actif pur. Troisièmement, en 2024, le volume moyen quotidien des transactions dépasse 229 milliards de dollars, ce qui, étonnamment, peut parfois surpasser la liquidité des obligations d’État.
Les banques centrales réagissent de manière particulièrement sensible à cette évolution. Elles ont réalisé trois années consécutives d’achat annuel supérieur à 1 000 tonnes d’or, atteignant en février 2025 une proportion de 22 % dans leurs réserves de change, un niveau jamais vu depuis 1997. Alors que la part de l’or dans les réserves de la Chine n’est que de 6,5 %, Goldman Sachs prévoit que la Chine continuera à acheter environ 40 tonnes par mois, ce qui représenterait une demande annuelle équivalente à la moitié de la demande totale des banques centrales.
Facteur 2 : Pressions inflationnistes structurelles et expansion de la masse monétaire
Depuis 1900, la population américaine a été multipliée par 4,5, tandis que la masse monétaire M2 a été multipliée par 2 333. La croissance par habitant dépasse 500 fois. Au sein du G20, la croissance annuelle moyenne de M2 continue à être de 7,4 %.
Cette expansion excessive de la masse monétaire constitue la principale force motrice à long terme pour l’or. Lors des phases de récession, cette réponse tend à devenir très inflationniste, et la Fed pourrait se retrouver sous pression pour explorer des options telles que le contrôle de la courbe des rendements, de nouvelles mesures de relance quantitative, voire MMT ou l’argent hélicoptère. La demande pour l’or devrait augmenter rapidement dans ce contexte d’expansion monétaire inévitable.
Facteur 3 : Politiques de Trump et changement fiscal en Europe
Aux États-Unis, la perception que la hausse du dollar provoque la délocalisation industrielle pousse à une politique de dépréciation du dollar. En Europe, l’Allemagne a officiellement abandonné sa politique de rigueur fiscale, qu’elle maintenait depuis près de 80 ans. Le prochain chancelier allemand, Friedrich Merz, propose un programme de financement de la dette de 500 milliards d’euros, ce qui ferait passer la dette publique de 60 % à 90 % du PIB. Cela remet en question la confiance dans les obligations d’État, qui sont des actifs refuges traditionnels, et accélère la demande pour l’or.
Reconstruction de la stratégie d’investissement : un nouveau modèle de répartition des actifs
La répartition classique « 60 % actions, 40 % obligations » n’est plus adaptée à l’environnement financier actuel. Le nouveau portefeuille 60/40 proposé par Incrementum suggère la composition suivante :
Actions : 45 % – pour assurer la croissance tout en réduisant le risque
Obligations : 15 % – pour diminuer la part des actifs traditionnels de sécurité
Or (actif de sécurité) : 15 % – pour renforcer la stabilité du portefeuille
Actifs liés à l’or en croissance : 10 % – argent, actions minières, matières premières
Matières premières : 10 % – pour la couverture contre l’inflation
Bitcoin : 5 % – pour l’exposition aux actifs numériques
L’essentiel est de considérer l’or non plus comme une simple assurance, mais comme un actif central du portefeuille. Sur la période 1929-2025, dans 15 des 16 marchés baissiers, l’or a surperformé le S&P 500, avec une performance relative moyenne de 42,55 %.
Focus sur les actifs liés à l’or en croissance
Alors que l’or devient mainstream, il est également crucial de prêter attention aux « actifs liés à l’or en croissance », tels que l’argent et les actions minières. Historiquement, l’or a souvent été le leader, suivi par l’argent et les actions minières. En regardant la performance des années 1970 et des années 2000, l’argent a enregistré une croissance annuelle réelle de 28,6 %, et les actions minières de 3,4 %. Dans les années 1970, l’argent a même atteint 33,1 %, et les actions minières 21,2 %, des rendements remarquables.
Effet synergique avec le Bitcoin
Le Bitcoin n’est pas un actif opposé à l’or, mais plutôt complémentaire. Le rapport indique que le Bitcoin pourrait atteindre 50 % de la capitalisation boursière de l’or d’ici la fin 2030. Avec une capitalisation actuelle d’environ 23 000 milliards de dollars et en supposant un prix de l’or à 4 800 dollars, cela impliquerait que le Bitcoin devrait atteindre environ 900 000 dollars.
Face à la montée des tensions géopolitiques, les avantages du Bitcoin en tant qu’actif numérique décentralisé sont évidents. Son indépendance du contrôle étatique et sa capacité à effectuer des transactions transfrontalières en font une alternative aux monnaies traditionnelles. La loi américaine sur la « Stratégie de réserve de Bitcoin » adoptée récemment montre l’engagement des acteurs publics et privés dans la course à la possession d’un « or numérique » comme réserve de valeur.
La valeur « ombre » de l’or : la différence entre la valeur théorique et la réalité
Pour comprendre la cible de prix à long terme de l’or, le concept de « prix shadow de l’or » est utile. Il s’agit du prix théorique de l’or si la base monétaire était entièrement garantie par l’or.
Selon les calculs basés sur les données actuelles du marché, des chiffres intéressants apparaissent. Pour que la M0 américaine soit entièrement garantie par l’or, le prix de l’or devrait atteindre 21 416 dollars, et pour la M2, 82 223 dollars. Historiquement, lors de la loi de la Réserve fédérale de 1914, un taux de couverture de 40 % était fixé, ce qui aurait nécessité un prix de l’or de 8 566 dollars.
En somme, le prix cible de 8 900 dollars à la fin 2030 n’est pas irréaliste, mais plutôt équilibré par rapport aux niveaux de couverture historique.
Deux scénarios pour le chemin à suivre dans 20 ans
L’analyse d’Incrementum présente deux scénarios principaux.
Scénario de base : le prix de l’or atteindra environ 4 800 dollars d’ici la fin 2030. Scénario inflationniste : le prix pourrait atteindre 8 900 dollars.
Sachant que le prix actuel de l’or dépasse déjà l’objectif de base de fin 2025 de 2 942 dollars, il est probable que, selon l’évolution de l’inflation dans les cinq prochaines années, la valeur réelle se situera quelque part entre ces deux scénarios.
Il est essentiel de comprendre cette fourchette pour visualiser le graphique dans 20 ans. La fourchette basse étant de 4 800 dollars, la haute de 8 900 dollars, avec une tendance à se stabiliser quelque part entre les deux.
La distinction entre correction à court terme et tendance à long terme
Il est crucial de différencier la volatilité à court terme de la tendance haussière à long terme. Le rapport indique qu’une correction de 20 % à 40 % peut survenir même dans un marché haussier, avec une baisse possible jusqu’à environ 2 800 dollars à court terme. Cela ne constitue pas un signal baissier, mais plutôt un signe de santé du marché.
Historiquement, dans le contexte de stagflation des années 1970, l’or a généré un rendement annuel réel de 7,7 %, l’argent 28,6 %, et les actions minières 3,4 %. Pour les investisseurs ayant traversé cette période, ces corrections à court terme n’étaient que des opportunités d’achat.
Facteurs de risque et stratégies d’atténuation
Il existe plusieurs risques, tels que la baisse inattendue de la demande des banques centrales, la diminution de la prime géopolitique, ou un scénario de hausse des taux d’intérêt dû à une économie américaine en bonne santé. Cependant, la probabilité que ces risques remettent en cause la tendance haussière à moyen et long terme de l’or est faible.
Il est plutôt essentiel de maintenir une stratégie de gestion des risques cohérente. Il faut éviter de se laisser influencer par des rebonds à la baisse à court terme du dollar, et continuer à suivre la dynamique de réorganisation financière structurelle pour orienter ses décisions d’investissement.
Conclusion : un retour aux actifs de paiement supra-nationaux
En traçant le graphique du prix de l’or dans 20 ans, il faut reconnaître que nous sommes à un moment de transition, pas simplement dans une phase de hausse des prix, mais dans la formation d’un nouvel ordre financier. La perte de confiance dans la dette souveraine, le déclin relatif de la domination du dollar, les achats organisés d’or par les banques centrales, et la pression inflationniste structurée renforcent mutuellement la réévaluation de la valeur de l’or.
Le niveau de 8 900 dollars ou plus d’ici la fin 2030 n’est pas une simple aspiration optimiste, mais une projection réaliste soutenue par plusieurs indicateurs économiques et tendances politiques. Plus le système financier et monétaire mondial sera en crise, plus l’or jouera un rôle crucial. En tant qu’actif de paiement supra-national, il pourrait devenir une réserve de confiance neutre, indépendante du pouvoir politique et sans dette.
Pour les investisseurs envisageant le graphique dans 20 ans, la décision d’investissement et la répartition des actifs à l’instant présent seront déterminantes pour leur rendement final.
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Graphique du prix de l'or dans 20 ans : l'avenir de l'investissement, chemin vers 8 900 dollars d'ici la fin 2030
Il existe un point de vue intéressant souligné par la dernière analyse de la société Incrementum, le rapport « In Gold We Trust ». Comprendre la position actuelle du marché de l’or et tracer le graphique des prix dans 20 ans nécessite une compréhension précise de la situation du marché à l’instant présent. Le rapport suggère que d’ici la fin 2030, le prix de l’or pourrait atteindre environ 8 900 dollars, ce qui n’est pas un rêve lointain, mais une prévision étayée par plusieurs facteurs structurels.
La situation actuelle du marché de l’or est en « phase d’entrée d’achat »
Ce n’est pas la première fois que la tendance haussière du prix de l’or s’est intensifiée. Au cours des cinq dernières années, le prix de l’or a augmenté de 92 %, tandis que la puissance d’achat du dollar américain a diminué d’environ 50 %. Ce phénomène ne se limite pas à une simple hausse de l’or, mais remet en question la fiabilité même de la monnaie de référence.
Selon la théorie de Dow, si l’on divise le marché en trois phases, l’or se trouve actuellement en « phase d’entrée des investisseurs généraux ». Cette étape se caractérise par une couverture médiatique optimiste, une expansion de la base d’investisseurs au grand public, et l’émergence de nouveaux produits financiers. En effet, au premier trimestre 2025, 21,1 milliards de dollars ont été investis dans des ETF or, atteignant le deuxième plus haut niveau historique. Cependant, si l’on considère que les flux vers les ETF actions sont huit fois supérieurs à ceux vers les ETF or, et que ceux vers les ETF obligataires sont cinq fois supérieurs, il reste évident que l’entrée des investisseurs institutionnels n’en est qu’à ses débuts. En imaginant le graphique dans 20 ans, on peut voir que nous sommes encore au début de la phase de hausse.
Trois facteurs structurels qui soutiennent la hausse du prix de l’or
Facteur 1 : La réorganisation du système financier mondial
Comme le souligne l’article de Zoltan Pozsar, « Bretton Woods III », le monde est en transition vers un nouveau régime monétaire. La transition d’un système basé sur le dollar en tant que monnaie de référence vers un ordre multipolaire, mettant davantage l’accent sur la garantie par l’or, est en cours.
La réévaluation de l’or en tant qu’actif de règlement international repose sur des raisons claires. Premièrement, l’or est neutre et n’appartient à aucun pays. Deuxièmement, il n’y a pas de risque de contrepartie, c’est un actif pur. Troisièmement, en 2024, le volume moyen quotidien des transactions dépasse 229 milliards de dollars, ce qui, étonnamment, peut parfois surpasser la liquidité des obligations d’État.
Les banques centrales réagissent de manière particulièrement sensible à cette évolution. Elles ont réalisé trois années consécutives d’achat annuel supérieur à 1 000 tonnes d’or, atteignant en février 2025 une proportion de 22 % dans leurs réserves de change, un niveau jamais vu depuis 1997. Alors que la part de l’or dans les réserves de la Chine n’est que de 6,5 %, Goldman Sachs prévoit que la Chine continuera à acheter environ 40 tonnes par mois, ce qui représenterait une demande annuelle équivalente à la moitié de la demande totale des banques centrales.
Facteur 2 : Pressions inflationnistes structurelles et expansion de la masse monétaire
Depuis 1900, la population américaine a été multipliée par 4,5, tandis que la masse monétaire M2 a été multipliée par 2 333. La croissance par habitant dépasse 500 fois. Au sein du G20, la croissance annuelle moyenne de M2 continue à être de 7,4 %.
Cette expansion excessive de la masse monétaire constitue la principale force motrice à long terme pour l’or. Lors des phases de récession, cette réponse tend à devenir très inflationniste, et la Fed pourrait se retrouver sous pression pour explorer des options telles que le contrôle de la courbe des rendements, de nouvelles mesures de relance quantitative, voire MMT ou l’argent hélicoptère. La demande pour l’or devrait augmenter rapidement dans ce contexte d’expansion monétaire inévitable.
Facteur 3 : Politiques de Trump et changement fiscal en Europe
Aux États-Unis, la perception que la hausse du dollar provoque la délocalisation industrielle pousse à une politique de dépréciation du dollar. En Europe, l’Allemagne a officiellement abandonné sa politique de rigueur fiscale, qu’elle maintenait depuis près de 80 ans. Le prochain chancelier allemand, Friedrich Merz, propose un programme de financement de la dette de 500 milliards d’euros, ce qui ferait passer la dette publique de 60 % à 90 % du PIB. Cela remet en question la confiance dans les obligations d’État, qui sont des actifs refuges traditionnels, et accélère la demande pour l’or.
Reconstruction de la stratégie d’investissement : un nouveau modèle de répartition des actifs
La répartition classique « 60 % actions, 40 % obligations » n’est plus adaptée à l’environnement financier actuel. Le nouveau portefeuille 60/40 proposé par Incrementum suggère la composition suivante :
L’essentiel est de considérer l’or non plus comme une simple assurance, mais comme un actif central du portefeuille. Sur la période 1929-2025, dans 15 des 16 marchés baissiers, l’or a surperformé le S&P 500, avec une performance relative moyenne de 42,55 %.
Focus sur les actifs liés à l’or en croissance
Alors que l’or devient mainstream, il est également crucial de prêter attention aux « actifs liés à l’or en croissance », tels que l’argent et les actions minières. Historiquement, l’or a souvent été le leader, suivi par l’argent et les actions minières. En regardant la performance des années 1970 et des années 2000, l’argent a enregistré une croissance annuelle réelle de 28,6 %, et les actions minières de 3,4 %. Dans les années 1970, l’argent a même atteint 33,1 %, et les actions minières 21,2 %, des rendements remarquables.
Effet synergique avec le Bitcoin
Le Bitcoin n’est pas un actif opposé à l’or, mais plutôt complémentaire. Le rapport indique que le Bitcoin pourrait atteindre 50 % de la capitalisation boursière de l’or d’ici la fin 2030. Avec une capitalisation actuelle d’environ 23 000 milliards de dollars et en supposant un prix de l’or à 4 800 dollars, cela impliquerait que le Bitcoin devrait atteindre environ 900 000 dollars.
Face à la montée des tensions géopolitiques, les avantages du Bitcoin en tant qu’actif numérique décentralisé sont évidents. Son indépendance du contrôle étatique et sa capacité à effectuer des transactions transfrontalières en font une alternative aux monnaies traditionnelles. La loi américaine sur la « Stratégie de réserve de Bitcoin » adoptée récemment montre l’engagement des acteurs publics et privés dans la course à la possession d’un « or numérique » comme réserve de valeur.
La valeur « ombre » de l’or : la différence entre la valeur théorique et la réalité
Pour comprendre la cible de prix à long terme de l’or, le concept de « prix shadow de l’or » est utile. Il s’agit du prix théorique de l’or si la base monétaire était entièrement garantie par l’or.
Selon les calculs basés sur les données actuelles du marché, des chiffres intéressants apparaissent. Pour que la M0 américaine soit entièrement garantie par l’or, le prix de l’or devrait atteindre 21 416 dollars, et pour la M2, 82 223 dollars. Historiquement, lors de la loi de la Réserve fédérale de 1914, un taux de couverture de 40 % était fixé, ce qui aurait nécessité un prix de l’or de 8 566 dollars.
En somme, le prix cible de 8 900 dollars à la fin 2030 n’est pas irréaliste, mais plutôt équilibré par rapport aux niveaux de couverture historique.
Deux scénarios pour le chemin à suivre dans 20 ans
L’analyse d’Incrementum présente deux scénarios principaux.
Scénario de base : le prix de l’or atteindra environ 4 800 dollars d’ici la fin 2030.
Scénario inflationniste : le prix pourrait atteindre 8 900 dollars.
Sachant que le prix actuel de l’or dépasse déjà l’objectif de base de fin 2025 de 2 942 dollars, il est probable que, selon l’évolution de l’inflation dans les cinq prochaines années, la valeur réelle se situera quelque part entre ces deux scénarios.
Il est essentiel de comprendre cette fourchette pour visualiser le graphique dans 20 ans. La fourchette basse étant de 4 800 dollars, la haute de 8 900 dollars, avec une tendance à se stabiliser quelque part entre les deux.
La distinction entre correction à court terme et tendance à long terme
Il est crucial de différencier la volatilité à court terme de la tendance haussière à long terme. Le rapport indique qu’une correction de 20 % à 40 % peut survenir même dans un marché haussier, avec une baisse possible jusqu’à environ 2 800 dollars à court terme. Cela ne constitue pas un signal baissier, mais plutôt un signe de santé du marché.
Historiquement, dans le contexte de stagflation des années 1970, l’or a généré un rendement annuel réel de 7,7 %, l’argent 28,6 %, et les actions minières 3,4 %. Pour les investisseurs ayant traversé cette période, ces corrections à court terme n’étaient que des opportunités d’achat.
Facteurs de risque et stratégies d’atténuation
Il existe plusieurs risques, tels que la baisse inattendue de la demande des banques centrales, la diminution de la prime géopolitique, ou un scénario de hausse des taux d’intérêt dû à une économie américaine en bonne santé. Cependant, la probabilité que ces risques remettent en cause la tendance haussière à moyen et long terme de l’or est faible.
Il est plutôt essentiel de maintenir une stratégie de gestion des risques cohérente. Il faut éviter de se laisser influencer par des rebonds à la baisse à court terme du dollar, et continuer à suivre la dynamique de réorganisation financière structurelle pour orienter ses décisions d’investissement.
Conclusion : un retour aux actifs de paiement supra-nationaux
En traçant le graphique du prix de l’or dans 20 ans, il faut reconnaître que nous sommes à un moment de transition, pas simplement dans une phase de hausse des prix, mais dans la formation d’un nouvel ordre financier. La perte de confiance dans la dette souveraine, le déclin relatif de la domination du dollar, les achats organisés d’or par les banques centrales, et la pression inflationniste structurée renforcent mutuellement la réévaluation de la valeur de l’or.
Le niveau de 8 900 dollars ou plus d’ici la fin 2030 n’est pas une simple aspiration optimiste, mais une projection réaliste soutenue par plusieurs indicateurs économiques et tendances politiques. Plus le système financier et monétaire mondial sera en crise, plus l’or jouera un rôle crucial. En tant qu’actif de paiement supra-national, il pourrait devenir une réserve de confiance neutre, indépendante du pouvoir politique et sans dette.
Pour les investisseurs envisageant le graphique dans 20 ans, la décision d’investissement et la répartition des actifs à l’instant présent seront déterminantes pour leur rendement final.