Perspectives EUR/USD 2026 : Comment la patience de la BCE entre en collision avec l'assouplissement de la Fed pendant les heures de marché euro de pointe
La trajectoire de l’euro en 2026 dépend d’un écart croissant des taux d’intérêt : si la Réserve fédérale continue de réduire ses taux alors que la Banque centrale européenne reste en retrait, l’EUR/USD se trouve à un carrefour critique. La division des consensus est nette : certains stratégistes voient l’euro grimper jusqu’à 1,20 d’ici la mi-année, tandis que d’autres prévoient un recul vers 1,13 ou même 1,10 d’ici le T3. La différence se résume à une question : la croissance européenne restera-t-elle suffisamment résiliente pour justifier la patience hawkish de la BCE, ou des données plus faibles forceront-elles la main des décideurs ?
La divergence des taux au centre de l’attention
Actuellement, l’écart de politique monétaire est déjà perceptible. La Réserve fédérale a effectué trois baisses de taux depuis septembre, portant le taux des fonds fédéraux à 3,5 %–3,75 %. La BCE, quant à elle, maintient son taux de dépôt à 2,00 % depuis juillet et ne montre aucune précipitation à bouger. Cet écart de neuf points de base — ainsi que la tendance dovish de la Fed contre l’approche « pause et évaluation » de la BCE — définira une grande partie de l’action de tarification du marché euro en 2026.
Le cycle d’assouplissement de la Fed n’est pas terminé. La plupart des grandes institutions anticipent encore deux autres baisses en 2026, Goldman Sachs, Morgan Stanley et Bank of America modélisant tous une évolution vers 3,00 %–3,25 %. La politique ajoute une complication : le mandat de Jerome Powell se termine en mai, et son successeur probable devrait privilégier des réductions de taux plus rapides. La volonté de la nouvelle administration en faveur de taux plus bas est déjà bien anticipée, augmentant la probabilité que 2026 ne voit pas une pause — mais une accélération.
La BCE raconte une histoire différente. L’inflation est remontée au-dessus de son objectif de 2 %, atteignant 2,2 % en novembre, alors que l’inflation des services — la composante tenace — a grimpé à 3,5 %. Le message de Christine Lagarde après la réunion de décembre était délibérément mesuré : la politique est dans une « bonne position ». La plupart des économistes s’attendent à ce que la BCE reste stable jusqu’en 2026 et même en 2027, toute hausse étant plus probable qu’une baisse. Si des baisses surviennent, elles ne seront pas avant la fin 2026, au plus tôt.
La trajectoire de référence : l’Europe en mode « faire face »
L’image de croissance de la zone euro est le paramètre crucial. La dernière prévision de la Commission européenne prévoit une croissance de 1,3 % pour 2025, puis une légère baisse à 1,2 % en 2026, avant une reprise à 1,4 % en 2027. Ce n’est pas le boom, mais ce n’est pas non plus une récession. Les données trimestrielles récentes soulignent cette réalité intermédiaire : la zone euro a enregistré une croissance de 0,2 % au T3, avec l’Espagne et la France en tête, tandis que l’Allemagne et l’Italie sont quasiment stables.
Mais les vents contraires structurels s’accumulent. Le secteur automobile allemand — traditionnellement moteur — est en baisse de 5 % alors que la transition vers l’électrique perturbe la production. Le sous-investissement dans l’innovation laisse l’Europe à la traîne des États-Unis et de la Chine dans des domaines technologiques clés. Plus aigu, les risques commerciaux ont explosé. Des tarifs proposés de 10 à 20 % sur les produits européens représentent une menace directe pour les économies dépendantes des exportations. Les premières estimations suggèrent que les exportations de l’UE vers les États-Unis pourraient chuter de 3 %, avec l’automobile et la chimie en première ligne.
Ce mélange de croissance lente mais stable et de risques externes croissants crée un paradoxe : l’Europe n’est pas cassée, mais elle est fragile. La BCE peut justifier de maintenir ses taux car il n’y a pas de crise à combattre. Pourtant, cette faiblesse signifie que tout choc externe — escalade commerciale, atterrissage brutal aux États-Unis ou stress financier — pourrait inverser la tendance et forcer la banque à pivoter vers l’assouplissement.
L’inflation : le facteur X qui maintient la BCE ancrée
Tandis que la croissance stagne, les pressions sur les prix refont surface. L’inflation des services à 3,5 % est bien au-dessus de l’objectif de 2 % de la BCE et reflète des dynamiques salariales et de demande sous-jacentes qui prennent des années à se calmer. C’est précisément le type d’inflation que craignent le plus les banques centrales — pas les chocs énergétiques transitoires, mais une croissance des prix tenace et généralisée, suggérant que l’écart de demande s’est refermé.
Tant que l’inflation restera élevée, la BCE ne sera pas sous pression intérieure pour réduire ses taux. Même si la croissance déçoit, la banque pourra se cacher derrière le récit de l’inflation. C’est une couverture utile, mais pas infaillible : si la croissance se détériore fortement, même une lecture de 2,2 % d’inflation n’empêchera pas les décideurs d’utiliser l’arsenal de l’assouplissement. Pour l’instant, cependant, ce scénario reste secondaire.
EUR/USD en 2026 : deux trajectoires divergentes
Le marché des devises a déjà intégré deux scénarios concurrents :
Chemin 1 : L’euro poursuit sa hausse (1,20+)
Si la croissance de la zone euro reste au-dessus de 1,3 %, que l’inflation des services se stabilise, et que la BCE reste ferme pendant que la Fed réduit, l’écart de taux d’intérêt se réduit — mais de manière à soutenir l’euro. Des taux réels américains plus faibles par rapport à des taux de la BCE encore positifs favoriseraient une hausse de l’EUR/USD. UBS Wealth Management prévoit 1,20 d’ici la mi-2026 dans ce scénario. Ce résultat se joue le plus naturellement durant les heures de marché euro où les données européennes et les commentaires de la BCE dominent le flux.
Chemin 2 : L’euro recule (1,13–1,10)
Si la croissance de la zone euro tombe en dessous de 1,3 %, que les chocs commerciaux s’intensifient, et que la croissance redoute, la BCE sera sous pression croissante pour réduire — potentiellement au T3 ou T4 2026. Une Fed qui réduit plus vite que la BCE pourrait inverser l’avantage en termes de rendement, faisant baisser l’EUR/USD. Citi voit 1,10 comme une cible réaliste d’ici le T3 2026, soit une baisse de 6 % par rapport aux niveaux actuels. La chute s’accélérerait probablement durant les heures de marché euro du matin américain, lorsque les données économiques américaines et la rhétorique de la Fed influencent les marchés.
La divergence des consensus
Les stratégistes sont vraiment divisés. Citi privilégie la force du dollar et vise 1,10 d’ici la mi-2026, pariant sur une relance de la croissance américaine et une Fed moins coupante que le marché ne prévoit. Union Investment s’attend à ce que la BCE reste en place jusqu’en 2026, toute action étant peu probable avant la fin de l’année ou début 2027 — avec une probabilité plus grande d’une hausse que d’une baisse. BNP Paribas souligne que le seuil pour une action de la BCE à court terme reste très élevé, suggérant que l’inaction est le scénario de base.
Le sondage d’économistes de Reuters reflète cette incertitude : si la majorité s’attend à ce que la BCE maintienne sa position jusqu’en 2026, la fourchette pour 2027 s’élargit considérablement à 1,5 %–2,5 %, montrant que la confiance s’érode fortement au-delà d’un horizon de 12 mois.
La conclusion
Les perspectives de l’euro en 2026 se résument à une course entre la résilience de la croissance et l’absorption du choc commercial. Si l’Europe traverse la tempête, la patience de la BCE sera récompensée, et l’EUR/USD pourra atteindre 1,20. Si les tensions commerciales s’intensifient et que la croissance stagne, le potentiel de hausse de l’euro sera limité, et 1,13 ( ou pire, 1,10 ), cesseront d’être un niveau théorique pour devenir une cible concrète lors des sessions de marché américaines et européennes. L’écart de taux comptera, mais le récit — pourquoi les taux divergent — pourrait avoir encore plus d’importance.
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Perspectives EUR/USD 2026 : Comment la patience de la BCE entre en collision avec l'assouplissement de la Fed pendant les heures de marché euro de pointe
La trajectoire de l’euro en 2026 dépend d’un écart croissant des taux d’intérêt : si la Réserve fédérale continue de réduire ses taux alors que la Banque centrale européenne reste en retrait, l’EUR/USD se trouve à un carrefour critique. La division des consensus est nette : certains stratégistes voient l’euro grimper jusqu’à 1,20 d’ici la mi-année, tandis que d’autres prévoient un recul vers 1,13 ou même 1,10 d’ici le T3. La différence se résume à une question : la croissance européenne restera-t-elle suffisamment résiliente pour justifier la patience hawkish de la BCE, ou des données plus faibles forceront-elles la main des décideurs ?
La divergence des taux au centre de l’attention
Actuellement, l’écart de politique monétaire est déjà perceptible. La Réserve fédérale a effectué trois baisses de taux depuis septembre, portant le taux des fonds fédéraux à 3,5 %–3,75 %. La BCE, quant à elle, maintient son taux de dépôt à 2,00 % depuis juillet et ne montre aucune précipitation à bouger. Cet écart de neuf points de base — ainsi que la tendance dovish de la Fed contre l’approche « pause et évaluation » de la BCE — définira une grande partie de l’action de tarification du marché euro en 2026.
Le cycle d’assouplissement de la Fed n’est pas terminé. La plupart des grandes institutions anticipent encore deux autres baisses en 2026, Goldman Sachs, Morgan Stanley et Bank of America modélisant tous une évolution vers 3,00 %–3,25 %. La politique ajoute une complication : le mandat de Jerome Powell se termine en mai, et son successeur probable devrait privilégier des réductions de taux plus rapides. La volonté de la nouvelle administration en faveur de taux plus bas est déjà bien anticipée, augmentant la probabilité que 2026 ne voit pas une pause — mais une accélération.
La BCE raconte une histoire différente. L’inflation est remontée au-dessus de son objectif de 2 %, atteignant 2,2 % en novembre, alors que l’inflation des services — la composante tenace — a grimpé à 3,5 %. Le message de Christine Lagarde après la réunion de décembre était délibérément mesuré : la politique est dans une « bonne position ». La plupart des économistes s’attendent à ce que la BCE reste stable jusqu’en 2026 et même en 2027, toute hausse étant plus probable qu’une baisse. Si des baisses surviennent, elles ne seront pas avant la fin 2026, au plus tôt.
La trajectoire de référence : l’Europe en mode « faire face »
L’image de croissance de la zone euro est le paramètre crucial. La dernière prévision de la Commission européenne prévoit une croissance de 1,3 % pour 2025, puis une légère baisse à 1,2 % en 2026, avant une reprise à 1,4 % en 2027. Ce n’est pas le boom, mais ce n’est pas non plus une récession. Les données trimestrielles récentes soulignent cette réalité intermédiaire : la zone euro a enregistré une croissance de 0,2 % au T3, avec l’Espagne et la France en tête, tandis que l’Allemagne et l’Italie sont quasiment stables.
Mais les vents contraires structurels s’accumulent. Le secteur automobile allemand — traditionnellement moteur — est en baisse de 5 % alors que la transition vers l’électrique perturbe la production. Le sous-investissement dans l’innovation laisse l’Europe à la traîne des États-Unis et de la Chine dans des domaines technologiques clés. Plus aigu, les risques commerciaux ont explosé. Des tarifs proposés de 10 à 20 % sur les produits européens représentent une menace directe pour les économies dépendantes des exportations. Les premières estimations suggèrent que les exportations de l’UE vers les États-Unis pourraient chuter de 3 %, avec l’automobile et la chimie en première ligne.
Ce mélange de croissance lente mais stable et de risques externes croissants crée un paradoxe : l’Europe n’est pas cassée, mais elle est fragile. La BCE peut justifier de maintenir ses taux car il n’y a pas de crise à combattre. Pourtant, cette faiblesse signifie que tout choc externe — escalade commerciale, atterrissage brutal aux États-Unis ou stress financier — pourrait inverser la tendance et forcer la banque à pivoter vers l’assouplissement.
L’inflation : le facteur X qui maintient la BCE ancrée
Tandis que la croissance stagne, les pressions sur les prix refont surface. L’inflation des services à 3,5 % est bien au-dessus de l’objectif de 2 % de la BCE et reflète des dynamiques salariales et de demande sous-jacentes qui prennent des années à se calmer. C’est précisément le type d’inflation que craignent le plus les banques centrales — pas les chocs énergétiques transitoires, mais une croissance des prix tenace et généralisée, suggérant que l’écart de demande s’est refermé.
Tant que l’inflation restera élevée, la BCE ne sera pas sous pression intérieure pour réduire ses taux. Même si la croissance déçoit, la banque pourra se cacher derrière le récit de l’inflation. C’est une couverture utile, mais pas infaillible : si la croissance se détériore fortement, même une lecture de 2,2 % d’inflation n’empêchera pas les décideurs d’utiliser l’arsenal de l’assouplissement. Pour l’instant, cependant, ce scénario reste secondaire.
EUR/USD en 2026 : deux trajectoires divergentes
Le marché des devises a déjà intégré deux scénarios concurrents :
Chemin 1 : L’euro poursuit sa hausse (1,20+)
Si la croissance de la zone euro reste au-dessus de 1,3 %, que l’inflation des services se stabilise, et que la BCE reste ferme pendant que la Fed réduit, l’écart de taux d’intérêt se réduit — mais de manière à soutenir l’euro. Des taux réels américains plus faibles par rapport à des taux de la BCE encore positifs favoriseraient une hausse de l’EUR/USD. UBS Wealth Management prévoit 1,20 d’ici la mi-2026 dans ce scénario. Ce résultat se joue le plus naturellement durant les heures de marché euro où les données européennes et les commentaires de la BCE dominent le flux.
Chemin 2 : L’euro recule (1,13–1,10)
Si la croissance de la zone euro tombe en dessous de 1,3 %, que les chocs commerciaux s’intensifient, et que la croissance redoute, la BCE sera sous pression croissante pour réduire — potentiellement au T3 ou T4 2026. Une Fed qui réduit plus vite que la BCE pourrait inverser l’avantage en termes de rendement, faisant baisser l’EUR/USD. Citi voit 1,10 comme une cible réaliste d’ici le T3 2026, soit une baisse de 6 % par rapport aux niveaux actuels. La chute s’accélérerait probablement durant les heures de marché euro du matin américain, lorsque les données économiques américaines et la rhétorique de la Fed influencent les marchés.
La divergence des consensus
Les stratégistes sont vraiment divisés. Citi privilégie la force du dollar et vise 1,10 d’ici la mi-2026, pariant sur une relance de la croissance américaine et une Fed moins coupante que le marché ne prévoit. Union Investment s’attend à ce que la BCE reste en place jusqu’en 2026, toute action étant peu probable avant la fin de l’année ou début 2027 — avec une probabilité plus grande d’une hausse que d’une baisse. BNP Paribas souligne que le seuil pour une action de la BCE à court terme reste très élevé, suggérant que l’inaction est le scénario de base.
Le sondage d’économistes de Reuters reflète cette incertitude : si la majorité s’attend à ce que la BCE maintienne sa position jusqu’en 2026, la fourchette pour 2027 s’élargit considérablement à 1,5 %–2,5 %, montrant que la confiance s’érode fortement au-delà d’un horizon de 12 mois.
La conclusion
Les perspectives de l’euro en 2026 se résument à une course entre la résilience de la croissance et l’absorption du choc commercial. Si l’Europe traverse la tempête, la patience de la BCE sera récompensée, et l’EUR/USD pourra atteindre 1,20. Si les tensions commerciales s’intensifient et que la croissance stagne, le potentiel de hausse de l’euro sera limité, et 1,13 ( ou pire, 1,10 ), cesseront d’être un niveau théorique pour devenir une cible concrète lors des sessions de marché américaines et européennes. L’écart de taux comptera, mais le récit — pourquoi les taux divergent — pourrait avoir encore plus d’importance.