L'ère de baisse des taux d'intérêt, le dollar se dépréciera-t-il ? Analyse complète de la tendance des taux de change en 2025 et des stratégies d'investissement
Fin 2024, la Réserve fédérale amorce un cycle de baisse des taux d’intérêt, mais ce n’est que le début. Le spectacle ne fait que commencer. Beaucoup d’investisseurs réagissent instinctivement en pensant « baisse des taux = dépréciation du dollar », mais la réalité est bien plus complexe.
Baisse des taux n’également pas une dépréciation immédiate du dollar
Il faut d’abord briser un mythe : la dépréciation du dollar n’est pas une conséquence inévitable d’une baisse des taux.
La logique de la baisse des taux est en effet très simple — baisse des taux d’intérêt, attractivité du dollar qui diminue, flux de capitaux vers des actifs à rendement élevé, demande de dollar qui baisse. Mais le marché ne sera pas si naïf pour n’y réagir qu’après l’annonce officielle de la baisse. En réalité, tout le marché des devises est extrêmement efficace, et les investisseurs ont déjà anticipé cette baisse en ajustant leurs positions en fonction des « attentes ».
Selon le diagramme de la Fed, l’objectif est de ramener le taux d’intérêt du dollar à environ 3% d’ici 2026. Mais la question clé est : d’autres pays aussi baissent leurs taux. La véritable variable déterminant la dépréciation du dollar n’est pas la rapidité de la baisse américaine, mais plutôt qui baisse le plus vite, et qui adopte une politique de change plus agressive.
Prenons un exemple simple — si la BCE reste immobile, alors que les États-Unis réduisent leurs taux à toute vitesse, l’euro s’appréciera face au dollar, ce qui entraînera une dépréciation du dollar. Et inversement.
La logique derrière l’indice du dollar
L’indice du dollar est un indicateur clé qui mesure la tendance globale du dollar, en suivant la performance moyenne du dollar face à six principales monnaies (euro, yen, livre sterling, etc.).
L’histoire des 50 dernières années montre que la volatilité de l’indice du dollar est souvent liée à des événements économiques majeurs :
Crise financière de 2008 : panique mondiale, flux de capitaux vers le « refuge » qu’est le dollar, forte appréciation
Pandémie de 2020 : politique monétaire très accommodante, dollar qui s’affaiblit brièvement ; puis rebond après la reprise économique
2022-2023, hausse agressive des taux : la Fed augmente ses taux à plusieurs reprises, le dollar devient extrêmement fort face à la majorité des devises, avec un indice qui dépasse brièvement 114
Cycle de baisse des taux 2024-2025 : les capitaux cherchent de nouveaux investissements, l’attractivité du dollar diminue
Mais il y a un tournant important — la tendance à la dépréciation du dollar se dessine, mais elle ne sera pas un mouvement unidirectionnel.
Pourquoi la dépréciation du dollar ne sera pas continue ?
Quatre facteurs profonds déterminent la tendance à moyen et long terme du dollar :
1. La politique de taux d’intérêt n’est qu’une façade
Même si la Fed baisse ses taux, si d’autres banques centrales baissent plus vite, le dollar restera relativement fort. La situation économique du Japon, de l’Europe, etc., n’est pas très reluisante, ce qui limite leur capacité à réduire leurs taux de manière agressive. La différence de taux d’intérêt soutiendra donc le dollar à long terme.
2. La variation de l’offre de dollars (QE vs QT)
Les politiques de la Fed en matière de quantitative easing (QE) ou de resserrement quantitatif (QT) influencent directement la quantité de dollars en circulation. QE augmente l’offre de dollars (poussant à la baisse le dollar), QT la réduit (favorisant le dollar). La posture prudente actuelle de la Fed limite l’impact de la baisse des taux sur la dépréciation du dollar.
3. Le risque géopolitique est permanent
Dès qu’une crise majeure survient — escalade des conflits, signes de crise financière, turbulences sur les marchés émergents — les capitaux se réfugient immédiatement dans l’actif le plus sûr : le dollar. C’est pour cela qu’on l’appelle la « monnaie de refuge ».
4. La résilience de l’économie américaine
Malgré la vague de dédollarisation et les défis liés à la crédibilité du crédit, la position géopolitique, économique et militaire des États-Unis reste inégalée. Tant que cette supériorité perdurera, le dollar ne s’effondrera pas.
La dédollarisation menace-t-elle vraiment le dollar ?
C’est une inquiétude à long terme. Depuis que les États-Unis ont abandonné l’étalon-or, la contestation de la suprématie du dollar ne cesse de croître. La zone euro, le yuan, le pétrole en futures, les cryptomonnaies, l’or détenu par les pays — tout cela grignote lentement la part du marché du dollar.
Mais la réalité est que, pour l’instant, aucune monnaie ou actif ne peut totalement remplacer le rôle de règlement du dollar. La dédollarisation est plutôt une tendance à long terme, qui ne devrait pas provoquer un choc fatal au dollar en un ou deux ans.
Dans un environnement de dépréciation du dollar, comment évoluent différents actifs ?
Or — le grand gagnant
Lorsque le dollar se déprécie, l’or en profite, car il est libellé en dollars. Plus le dollar est faible, moins coûte cher d’acheter de l’or. De plus, dans un contexte de baisse des taux, l’or ne subit pas la contrainte de ne pas générer d’intérêt, ce qui réduit son coût d’opportunité. La tendance à la hausse devrait donc continuer.
Les marchés actions — opportunités et risques
Une baisse des taux aux États-Unis stimule généralement l’afflux de capitaux vers la bourse, notamment dans la tech et la croissance. Mais si le dollar se déprécie trop vite, les investisseurs étrangers pourraient se tourner vers l’Europe, le Japon ou les marchés émergents, ce qui pourrait affaiblir l’attractivité des actions américaines.
Cryptomonnaies — bénéficiaires de la dépréciation monétaire
Le Bitcoin, considéré comme « l’or numérique », performe souvent bien en période de dépréciation du dollar et d’anticipation d’inflation. La fuite des capitaux hors du système financier traditionnel vers des actifs contre la dévaluation profite à l’ensemble du marché crypto.
Observation pratique des principales paires de devises
USD/JPY
Le Japon a récemment mis fin à sa longue période de taux ultra-bas, ce qui pourrait entraîner un renforcement du yen. La tendance à moyen terme est plutôt à la baisse du dollar face au yen.
TWD/USD
Le dollar taïwanais suit la tendance du dollar américain, mais la forte orientation exportatrice de Taïwan favorise une appréciation du TWD en cas de baisse des taux américains, tout en restant limitée.
EUR/USD
L’économie européenne reste fragile, avec une inflation encore élevée mais une croissance stagnante. La BCE pourrait ralentir ses baisses de taux. Le dollar, même en dépréciation, ne s’affaiblira pas énormément, et l’euro pourrait ne pas beaucoup s’apprécier.
Le scénario probable pour le dollar en 2025
Après analyse de tous ces facteurs, l’indice du dollar devrait évoluer dans une fourchette haute, puis progressivement s’affaiblir, plutôt que de chuter brutalement.
Les raisons :
Beaucoup de facteurs baissiers : tensions commerciales, dédollarisation, or qui attire les capitaux
Des facteurs haussiers : risques géopolitiques, demande de sécurité, résilience économique
La variable clé : la vitesse de réaction des banques centrales, celui qui baisse le plus vite sera celui qui pourra éventuellement voir sa monnaie s’apprécier.
Court terme (3-6 mois) : les annonces d’IPC, les décisions du FOMC provoqueront des fluctuations, offrant des opportunités de trading à court terme.
Moyen terme (6-12 mois) : la tendance à la dépréciation du dollar se confirmera progressivement, sans brusque chute.
Long terme (plus d’un an) : la faiblesse relative du dollar sera confirmée, sans que cela ne remette en cause son rôle de réserve mondiale.
Que faire en tant qu’investisseur ?
Ne vous laissez pas piéger par la logique simpliste « baisse des taux = dépréciation du dollar ». La vraie opportunité réside dans la compréhension de la complexité.
Favoriser l’achat d’or : la valeur refuge ultime en environnement de dépréciation du dollar.
Surveiller les monnaies à haut rendement : si une banque centrale baisse ses taux moins vite que la Fed, sa monnaie pourrait s’apprécier.
Profiter des opportunités de volatilité : avant et après les annonces économiques majeures, ces mouvements sont propices au trading.
Allouer modérément des actifs cryptographiques : dans un contexte de liquidité abondante et de dépréciation du dollar, le rapport risque/rendement des cryptos s’améliore.
Dernier conseil : tant que le marché présente de l’incertitude, il y aura des opportunités d’investissement. La grande phase de dépréciation du dollar ne fait que commencer, et ceux qui anticipent en profitent souvent le plus.
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L'ère de baisse des taux d'intérêt, le dollar se dépréciera-t-il ? Analyse complète de la tendance des taux de change en 2025 et des stratégies d'investissement
Fin 2024, la Réserve fédérale amorce un cycle de baisse des taux d’intérêt, mais ce n’est que le début. Le spectacle ne fait que commencer. Beaucoup d’investisseurs réagissent instinctivement en pensant « baisse des taux = dépréciation du dollar », mais la réalité est bien plus complexe.
Baisse des taux n’également pas une dépréciation immédiate du dollar
Il faut d’abord briser un mythe : la dépréciation du dollar n’est pas une conséquence inévitable d’une baisse des taux.
La logique de la baisse des taux est en effet très simple — baisse des taux d’intérêt, attractivité du dollar qui diminue, flux de capitaux vers des actifs à rendement élevé, demande de dollar qui baisse. Mais le marché ne sera pas si naïf pour n’y réagir qu’après l’annonce officielle de la baisse. En réalité, tout le marché des devises est extrêmement efficace, et les investisseurs ont déjà anticipé cette baisse en ajustant leurs positions en fonction des « attentes ».
Selon le diagramme de la Fed, l’objectif est de ramener le taux d’intérêt du dollar à environ 3% d’ici 2026. Mais la question clé est : d’autres pays aussi baissent leurs taux. La véritable variable déterminant la dépréciation du dollar n’est pas la rapidité de la baisse américaine, mais plutôt qui baisse le plus vite, et qui adopte une politique de change plus agressive.
Prenons un exemple simple — si la BCE reste immobile, alors que les États-Unis réduisent leurs taux à toute vitesse, l’euro s’appréciera face au dollar, ce qui entraînera une dépréciation du dollar. Et inversement.
La logique derrière l’indice du dollar
L’indice du dollar est un indicateur clé qui mesure la tendance globale du dollar, en suivant la performance moyenne du dollar face à six principales monnaies (euro, yen, livre sterling, etc.).
L’histoire des 50 dernières années montre que la volatilité de l’indice du dollar est souvent liée à des événements économiques majeurs :
Mais il y a un tournant important — la tendance à la dépréciation du dollar se dessine, mais elle ne sera pas un mouvement unidirectionnel.
Pourquoi la dépréciation du dollar ne sera pas continue ?
Quatre facteurs profonds déterminent la tendance à moyen et long terme du dollar :
1. La politique de taux d’intérêt n’est qu’une façade
Même si la Fed baisse ses taux, si d’autres banques centrales baissent plus vite, le dollar restera relativement fort. La situation économique du Japon, de l’Europe, etc., n’est pas très reluisante, ce qui limite leur capacité à réduire leurs taux de manière agressive. La différence de taux d’intérêt soutiendra donc le dollar à long terme.
2. La variation de l’offre de dollars (QE vs QT)
Les politiques de la Fed en matière de quantitative easing (QE) ou de resserrement quantitatif (QT) influencent directement la quantité de dollars en circulation. QE augmente l’offre de dollars (poussant à la baisse le dollar), QT la réduit (favorisant le dollar). La posture prudente actuelle de la Fed limite l’impact de la baisse des taux sur la dépréciation du dollar.
3. Le risque géopolitique est permanent
Dès qu’une crise majeure survient — escalade des conflits, signes de crise financière, turbulences sur les marchés émergents — les capitaux se réfugient immédiatement dans l’actif le plus sûr : le dollar. C’est pour cela qu’on l’appelle la « monnaie de refuge ».
4. La résilience de l’économie américaine
Malgré la vague de dédollarisation et les défis liés à la crédibilité du crédit, la position géopolitique, économique et militaire des États-Unis reste inégalée. Tant que cette supériorité perdurera, le dollar ne s’effondrera pas.
La dédollarisation menace-t-elle vraiment le dollar ?
C’est une inquiétude à long terme. Depuis que les États-Unis ont abandonné l’étalon-or, la contestation de la suprématie du dollar ne cesse de croître. La zone euro, le yuan, le pétrole en futures, les cryptomonnaies, l’or détenu par les pays — tout cela grignote lentement la part du marché du dollar.
Mais la réalité est que, pour l’instant, aucune monnaie ou actif ne peut totalement remplacer le rôle de règlement du dollar. La dédollarisation est plutôt une tendance à long terme, qui ne devrait pas provoquer un choc fatal au dollar en un ou deux ans.
Dans un environnement de dépréciation du dollar, comment évoluent différents actifs ?
Or — le grand gagnant
Lorsque le dollar se déprécie, l’or en profite, car il est libellé en dollars. Plus le dollar est faible, moins coûte cher d’acheter de l’or. De plus, dans un contexte de baisse des taux, l’or ne subit pas la contrainte de ne pas générer d’intérêt, ce qui réduit son coût d’opportunité. La tendance à la hausse devrait donc continuer.
Les marchés actions — opportunités et risques
Une baisse des taux aux États-Unis stimule généralement l’afflux de capitaux vers la bourse, notamment dans la tech et la croissance. Mais si le dollar se déprécie trop vite, les investisseurs étrangers pourraient se tourner vers l’Europe, le Japon ou les marchés émergents, ce qui pourrait affaiblir l’attractivité des actions américaines.
Cryptomonnaies — bénéficiaires de la dépréciation monétaire
Le Bitcoin, considéré comme « l’or numérique », performe souvent bien en période de dépréciation du dollar et d’anticipation d’inflation. La fuite des capitaux hors du système financier traditionnel vers des actifs contre la dévaluation profite à l’ensemble du marché crypto.
Observation pratique des principales paires de devises
USD/JPY
Le Japon a récemment mis fin à sa longue période de taux ultra-bas, ce qui pourrait entraîner un renforcement du yen. La tendance à moyen terme est plutôt à la baisse du dollar face au yen.
TWD/USD
Le dollar taïwanais suit la tendance du dollar américain, mais la forte orientation exportatrice de Taïwan favorise une appréciation du TWD en cas de baisse des taux américains, tout en restant limitée.
EUR/USD
L’économie européenne reste fragile, avec une inflation encore élevée mais une croissance stagnante. La BCE pourrait ralentir ses baisses de taux. Le dollar, même en dépréciation, ne s’affaiblira pas énormément, et l’euro pourrait ne pas beaucoup s’apprécier.
Le scénario probable pour le dollar en 2025
Après analyse de tous ces facteurs, l’indice du dollar devrait évoluer dans une fourchette haute, puis progressivement s’affaiblir, plutôt que de chuter brutalement.
Les raisons :
Court terme (3-6 mois) : les annonces d’IPC, les décisions du FOMC provoqueront des fluctuations, offrant des opportunités de trading à court terme.
Moyen terme (6-12 mois) : la tendance à la dépréciation du dollar se confirmera progressivement, sans brusque chute.
Long terme (plus d’un an) : la faiblesse relative du dollar sera confirmée, sans que cela ne remette en cause son rôle de réserve mondiale.
Que faire en tant qu’investisseur ?
Ne vous laissez pas piéger par la logique simpliste « baisse des taux = dépréciation du dollar ». La vraie opportunité réside dans la compréhension de la complexité.
Favoriser l’achat d’or : la valeur refuge ultime en environnement de dépréciation du dollar.
Surveiller les monnaies à haut rendement : si une banque centrale baisse ses taux moins vite que la Fed, sa monnaie pourrait s’apprécier.
Profiter des opportunités de volatilité : avant et après les annonces économiques majeures, ces mouvements sont propices au trading.
Allouer modérément des actifs cryptographiques : dans un contexte de liquidité abondante et de dépréciation du dollar, le rapport risque/rendement des cryptos s’améliore.
Dernier conseil : tant que le marché présente de l’incertitude, il y aura des opportunités d’investissement. La grande phase de dépréciation du dollar ne fait que commencer, et ceux qui anticipent en profitent souvent le plus.