Taux EUR/USD 2026-2027 : La divergence dollar-euro au centre de l'attention – La différence de taux d'intérêt suffit-elle pour une nouvelle appréciation ?

Après une impressionnante hausse en 2025 – l’Euro est passé de 1,04 à 1,16 USD – la question centrale pour de nombreux traders est : cette dynamique va-t-elle se poursuivre ou le retournement est-il imminent ? La réponse dépend de facteurs bien plus complexes que la simple histoire des taux d’intérêt.

Les chiffres : EUR/USD sous les projecteurs

La paires EUR/USD traverse une phase de consolidation après l’une des périodes de volatilité les plus importantes de ces dernières années. Le cours oscille actuellement autour de 1,16 USD. Ce qui est remarquable : en janvier 2025, la paire était encore à 1,02 USD – une hausse de plus de 13 % en quelques mois. Le sommet annuel a été atteint le 16 septembre à 1,1868, avec une volatilité de plus de 1 600 pips.

Techniquement, une zone critique se forme actuellement. Les supports se situent à 1,1550 et 1,1470. Une cassure en dessous remettrait en question le récit haussier et pourrait pousser le taux dollar-euro vers 1,10-1,12. À la hausse, la zone 1,1800-1,1920 fait office de résistance – si le cours franchit durablement la barre des 1,20, le potentiel s’étend jusqu’à 1,22-1,25.

Divergence des taux : l’argument le plus fort en faveur de l’euro

La position asymétrique de politique monétaire entre la Fed et la BCE constitue la base fondamentale d’une nouvelle force de l’euro. Alors que la Réserve fédérale a réduit ses taux directeurs en septembre et octobre 2025 de 50 points de base au total, pour les porter à 3,75-4,00 %, la BCE a en fait terminé son cycle. Le taux de dépôt reste inchangé à 2,00 % depuis juin 2025.

L’effet mécanique est simple : lorsque l’écart de taux entre dollar et euro se réduit, la différence de rendement s’élargit. Les flux de capitaux se réorientent – davantage d’argent afflue vers les actifs européens à rendement plus élevé. Des analyses historiques indiquent qu’une réduction de l’écart de taux de 100 points de base entraîne typiquement une appréciation de 5-8 % de la devise. En extrapolant, cela ferait monter l’EUR/USD à 1,22-1,25.

Un scénario supplémentaire : si la BCE augmente ses taux en 2027 – par exemple si le plan de relance allemand s’avère plus efficace que prévu – cet effet serait amplifié. On parlerait alors d’une divergence réelle, contrastant avec une simple convergence des taux directeurs.

USA sous Trump : force ou bulle de croissance illusoire ?

Le deuxième mandat de Trump offre un bilan mitigé. La croissance du PIB américain a atteint 3,8 % au deuxième trimestre 2025 – principalement grâce à d’importants investissements dans le secteur de l’IA. Mais les aspects négatifs sont souvent passés sous silence :

Agenda commercial comme un jeu de poker : Le “Liberation Day” du 2 avril a annoncé des tarifs jusqu’à 145 % et provoqué un krach boursier. Après 90 jours, une solution de compromis a été trouvée – comme prévu. La stratégie de négociation de Trump est bien connue : demande maximale → compromis → succès commercial. La réalité : les tarifs sont désormais en moyenne de 15-18 %, toujours supérieurs au niveau historique, ce qui stabilise la prévision du dollar.

Réforme fiscale et flux de capitaux : La loi “One Big Beautiful Bill” du 4 juillet a rendu permanentes les réductions d’impôts de 2017. Avec un taux d’imposition des sociétés à 21 %, des coûts énergétiques faibles et une domination technologique, les États-Unis deviennent un aimant pour les investissements directs. TSMC, Samsung et Intel ont annoncé des délocalisations de production.

Le problème structurel : La dette publique américaine croît plus vite que l’économie. Le déficit budgétaire atteindra environ 6 % du PIB en 2026. Les attaques verbales de Trump contre la Fed sapent également la confiance des investisseurs internationaux. La prévision du dollar en pâtit, même si la conjoncture reste stable à court terme.

Europe : relance comme lueur d’espoir ou illusion ?

Le plan de relance infrastructure de 500 milliards d’euros en Allemagne est souvent présenté comme le changement de jeu pour la prévision EUR/USD. Mais la réalité pourrait être plus décevante :

Coûts énergétiques comme obstacle structurel : Les prix de l’électricité pour l’industrie en Allemagne sont de 15-20 centimes/kWh – deux à trois fois plus élevés qu’aux États-Unis. Le prix temporaire de l’électricité industrielle à 5 centimes/kWh (2026-2028) ne peut compenser cet inconvénient. Pour les secteurs énergivores (Chimie, semi-conducteurs), les sites allemands restent peu attractifs à long terme – le stimulus ne traite que les symptômes, pas les causes.

Retards bureaucratiques : Les projets d’infrastructure allemands prennent en moyenne 17 ans de la planification à la réalisation. Le secteur du bâtiment signale 250 000 postes vacants. Conséquence : retards dans la mise en œuvre, multiplicateurs réduits, impact plus faible sur le cours EUR/USD.

Instabilité politique : Les élections régionales de 2026 pourraient faire de l’AfD la première force dans plusieurs Länder (Sondages : ~25 % à l’échelle nationale). Une paralysie politique de la grande coalition pourrait fortement freiner la mise en œuvre du stimulus et augmenter les primes de risque des obligations d’État allemandes – coûteux pour l’euro.

La bombe de la dette française : La chute du gouvernement en octobre 2025, un déficit à 6 % du PIB, une dette à 113 %, et des obligations françaises qui offrent déjà un rendement supérieur à celles espagnoles. Un signal d’alarme. La croissance de toute la zone euro n’a été que de 0,2 % QoQ au T3 2025 (annualisé 1,3%), alors que les États-Unis progressent à 3,8 %.

Prévisions des banques : tendance haussière face aux sceptiques

Le consensus parmi les grands fonds d’investissement est clairement haussier pour l’euro :

Pour fin 2026 :

  • Morgan Stanley, BNP Paribas, Goldman Sachs : 1,25
  • JP Morgan, ING : 1,22-1,25
  • Wells Fargo : 1,18-1,20 (la sceptique)

Pour fin 2027 :

  • Deutsche Bank : 1,30 (l’optimiste)
  • Morgan Stanley : 1,27
  • Wells Fargo : 1,12 (l’ours)

L’éventail est large – de 1,12 à 1,30 – ce qui souligne l’incertitude.

Trois scénarios pour EUR/USD 2026-2027

Cas de base (Probabilité : 50%) : La fourchette 1,10-1,20 domine. La différence de taux crée une limite inférieure à 1,10-1,12, les risques européens limitent le potentiel haussier à 1,18-1,20. La relance n’a qu’un effet partiel, la croissance américaine est modérée (1,8-2,2%). Le cours évolue principalement entre 1,14 et 1,17.

Scénario baissier (Probabilité : 25%) : Victoire de l’AfD en 2026, dysfonctionnement de la grande coalition, retard dans la relance, crise française qui s’aggrave. La BCE baisse à nouveau ses taux. Les États-Unis surprennent positivement avec un boom de l’IA et l’inflation tombe à 2 %. EUR/USD chute à 1,05-1,10, avec un test possible à 1,05.

Scénario haussier (Probabilité : 25%) : La stabilité en Allemagne, la relance qui progresse rapidement, la France qui se détend, la croissance de la zone euro atteint 2 %. La BCE indique une hausse des taux en 2026 pour 2027. Parallèlement, l’inflation américaine reste tenace, le marché du travail faiblit, la stagflation menace. Les investisseurs étrangers réduisent leurs positions US. EUR/USD franchit 1,20 et évolue dans la zone 1,22-1,28.

Facteurs clés pour 2026-2027

À surveiller :

  • Élections régionales allemandes
  • Successeur de Jerome Powell (mai 2026)
  • Évolution du budget français
  • Publications de données de relance en Allemagne
  • Chiffres du marché du travail et de l’inflation aux États-Unis

Risques méconnus :

  • Risque allemand : une paralysie politique n’est pas un scénario hypothétique, mais très probable
  • Chocs géopolitiques : escalade en Ukraine ou crise énergétique 2.0 favoriseraient le dollar
  • Résilience américaine : le boom de l’IA pourrait générer à long terme une croissance de 2-3 % par an en productivité

Conclusion : prévision EUR/USD dans un contexte de tension

La paire EUR/USD 2026-2027 oscille entre arguments concrets en faveur d’une hausse et risques importants de baisse. La divergence des taux crée un plancher à 1,10-1,12, une surévaluation du dollar (23%) et des flux de capitaux inversés soutiennent ces ancrages. En même temps, la fragmentation allemande, les désavantages énergétiques européens et la vigueur de l’économie américaine menacent le récit haussier.

Ce qui sera déterminant : l’Allemagne parviendra-t-elle, après les turbulences électorales de 2026, à former un gouvernement stable et à relancer malgré les obstacles structurels ? La conjoncture américaine restera-t-elle résiliente ou montrera-t-elle des signes de stagflation ? Et à quel point Trump ou son successeur à la Fed seront-ils agressifs dans leur politique ?

Pour les traders actifs : le trading EUR/USD exige désormais flexibilité et positionnement événementiel plutôt que buy-and-hold. Les conditions dans les deux régions sont très dynamiques – ceux qui maintiennent une position rigide risquent d’importants drawdowns.

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