La fin d'une ère : comment le départ de Warren Buffett redéfinit un héritage d'un billion de dollars

Un secteur légendaire perdu dans l’histoire de Wall Street

Le 31 décembre 2025, l’un des chapitres les plus emblématiques de l’investissement touche à sa fin. Warren Buffett, l’Oracle d’Omaha qui a passé plus de six décennies à mener Berkshire Hathaway vers des sommets extraordinaires, cédera les rênes du poste de PDG lorsque minuit sonnera. Bien qu’il reste président, cela marque la fin définitive d’un investisseur qui a fondamentalement changé la façon dont Wall Street perçoit la valeur et les horizons temporels.

Les chiffres racontent une histoire remarquable : la gestion par Buffett des actions de classe A de Berkshire (BRK.A) a généré des rendements proches de 6 060 000 % depuis qu’il a pris les commandes, surpassant constamment le S&P 500 à travers des décennies de cycles de marché. Ce n’était pas de la chance — c’était une philosophie forgée par la patience, la discipline et une croyance presque spirituelle dans la croissance économique américaine.

Le manuel de Buffett : la patience plutôt que la perfection

Ce qui distinguait Buffett de ses pairs n’était pas une sélection d’actions sans faille. C’était plutôt sa tolérance inhabituelle à l’attente. Alors que la période de détention moyenne à Wall Street s’effondrait, passant de huit ans à la fin des années 1950 à seulement 5,5 mois en 2020, Buffett résistait totalement aux modes du trading algorithmique. Sa stratégie restait constante : identifier des entreprises avec des avantages concurrentiels durables, soutenues par une gestion excellente, puis les conserver indéfiniment.

Cette philosophie entrait parfois en conflit avec les résultats à court terme. Pendant douze trimestres consécutifs jusqu’en septembre 2025, Berkshire est devenue un vendeur net d’actions pour un montant de $184 milliard — précisément au moment où le Dow Jones Industrial Average, le Nasdaq Composite et le S&P 500 atteignaient des sommets historiques. Les critiques remettaient en question son jugement. Mais cette retenue reflétait la conviction fondamentale de Buffett : la valorisation compte plus que la dynamique.

Sa capacité à exploiter les dislocations de prix a prouvé la valeur de cette stratégie. Considérons son intervention en août 2011 à la Banque de Amérique : BofA a reçu $5 milliard en capital tandis que Berkshire a obtenu des actions privilégiées rapportant 6 % par an, plus des warrants pour acheter 700 millions d’actions ordinaires à 7,14 $ chacune. Lorsqu’ils ont été exercés six ans plus tard, ces warrants ont débloqué un gain instantané de $12 milliard — un coup de chance qui a depuis considérablement augmenté.

Quand la vision et l’action divergeaient

Buffett reconnaissait l’imperfection. Ses sorties précoces de Walt Disney se sont avérées prématurées à deux reprises. Son exposition à Tesco au milieu des années 2010 a entraîné des pertes. Paramount (maintenant Paramount Skydance) a déçu. Pourtant, ces faux pas pâlissaient face à son focus inébranlable sur la valeur et sa capacité à absorber les pertes sans abandonner son cadre de référence.

L’Oracle n’a jamais parié contre l’Amérique — une conviction validée par les données de Crestmont Research montrant que le S&P 500 n’a jamais maintenu de rendements négatifs sur 20 ans consécutifs, y compris les dividendes. Cette insight a ancré tout ce que Buffett a construit.

La transition Abel : continuité avec de nouvelles dimensions

À partir du 1er janvier 2026, Greg Abel prendra la tête de Berkshire en tant que PDG après 25 ans à orchestrer les opérations hors assurance de Berkshire. La transition devrait se dérouler plus en douceur que prévu. Abel partage la perspective axée sur la valeur et à long terme de Buffett et a déjà montré son engagement envers le programme de rachat d’actions — Berkshire a déployé $78 milliard depuis 2018 pour racheter plus de 12 % des actions en circulation, améliorant ainsi la rentabilité par action.

Les empreintes d’Abel apparaissent déjà dans le portefeuille de Berkshire. Son facilitation d’investissements importants dans les cinq grandes maisons de commerce japonaises (sogo shosha) témoigne d’une réflexion stratégique : ces entreprises offrent des retours en capital généreux et se négocient à des valorisations attrayantes par rapport aux actions américaines historiquement coûteuses.

Cependant, le changement est inévitable. Les plus petites participations de Berkshire nécessitent une gestion plus active que ce que Buffett a jamais pratiqué. Des gestionnaires d’investissement comme Ted Weschler déploieront des positions plus fréquentes de $10 millions à $2 milliards — une flexibilité tactique absente durant le mandat de Buffett.

Une nouvelle palette d’investissement émerge

Un Berkshire Hathaway dirigé par Abel se tourne vers des secteurs que Buffett évitait. La technologie et la santé, longtemps tabous pour quelqu’un déconnecté de la disruption technologique et indifférent aux détails des essais cliniques, attirent désormais une attention sérieuse. Apple, malgré qu’elle reste la plus grande participation de Berkshire en valeur de marché, ressemble de plus en plus à un candidat à la cession. Alors que les ventes d’iPhone se sont stabilisées en fiscal 2025, la croissance globale d’Apple a stagné pendant des années — ce qui ne correspond guère aux critères d’investissement d’Abel.

Les huit principales participations “indéfinies” de Berkshire devraient probablement rester intactes, mais la composition du portefeuille dérivera vers des opportunités contemporaines que Buffett n’a tout simplement pas pu défendre.

La fondation perdure

En enlevant la personnalité, que reste-t-il ? Une institution d’un billion de dollars construite sur des principes : acheter de la qualité à des prix raisonnables, penser à l’échelle générationnelle, faire fructifier la richesse sans relâche. Ces fondations, établies par Buffett et son partenaire défunt Charlie Munger, survivent à toute transition de leadership.

Abel hérite non seulement du capital, mais aussi d’une philosophie — celle qui transcende tout individu, aussi légendaire soit-il. Berkshire Hathaway évoluera, mais son ADN persiste. Les investisseurs cherchant une exposition à cette évolution doivent comprendre que, si l’Oracle se retire, la machine qu’il a construite entre dans son prochain chapitre avec un avantage structurel considérable et une excellence opérationnelle éprouvée intacte.

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