Alors que les indices boursiers font la une, l’or continue sa propre trajectoire. En octobre 2025, il se négocie autour de 4 270 dollars par once, après avoir enchaîné des records historiques tout au long de l’année. Ce n’est pas un détail : il y a vingt ans, le métal frôlait à peine les 400 USD. En 2015, il tournait autour de 1 100 USD. La conclusion est indéniable : son prix a été multiplié par plus de dix, ce qui équivaut à une augmentation cumulée de 900%.
Au cours de ces deux dernières décennies, l’or a montré une performance extraordinaire. Sa rentabilité annualisée oscille entre le 7% et le 8%, ce qui est remarquable si l’on considère qu’il ne génère ni flux de trésorerie ni intérêts. Cette constance contraste avec son comportement volatile : il ralentit lors des phases d’expansion économique et reprend de la vigueur lorsque surgissent des crises ou des pressions inflationnistes. Précisément, cet effet contracyclique est ce qui le maintient comme pièce centrale dans les portefeuilles diversifiés.
Qu’est-ce qui a impulsé cette croissance sans précédent ?
L’évolution de l’or ne répond pas à un seul facteur, mais à une convergence de circonstances économiques, monétaires et géopolitiques.
Les taux d’intérêt réels sont la clé. Lorsque les rendements réels (nominales en déduisant l’inflation) tombent en territoire négatif, l’or se valorise. L’expansion quantitative de la Réserve fédérale et de la Banque centrale européenne a laissé les obligations avec des rendements déprimés, ce qui a orienté les investissements vers le métal.
La faiblesse du dollar joue également un rôle décisif. Comme l’or se négocie en monnaie américaine, chaque dépréciation du billet vert stimule sa cotation. Les crises successives de 2008, la pandémie de 2020 et les tensions géopolitiques ultérieures ont affaibli la devise, entraînant l’or à la hausse.
L’inflation et la dépense publique massive ont ravivé les craintes. Après la pandémie, les gouvernements ont injecté des ressources sans précédent dans leurs économies. Les investisseurs, préoccupés par l’érosion du pouvoir d’achat, ont recherché une protection dans des actifs qui servent historiquement de couverture. L’or a répondu par des hausses soutenues.
Les tensions internationales ont aussi laissé leur marque. Conflits commerciaux, sanctions économiques et reconfiguration des réserves de devises dans les banques centrales des marchés émergents ont accru la demande. Ces acteurs ont réduit leur dépendance au dollar en incorporant davantage d’or dans leurs coffres.
Un parcours à travers quatre périodes clés
2005-2010 : L’explosion initiale. La première moitié des années 2000 a été celle du décollage. Propulsé par un dollar affaibli, la spirale du prix du pétrole et la panique après l’effondrement des subprimes, l’or est passé de 430 à 1 200 USD en à peine cinq ans. La faillite de Lehman Brothers en 2008 a consolidé sa réputation d’actif refuge. Les banques centrales et institutions ont multiplié leurs achats.
2010-2015 : La pause correctrice. Après le choc initial, les marchés ont respiré. La reprise des économies développées et les premiers pas vers la normalisation monétaire américaine ont freiné l’or. Il a oscillé entre 1 000 et 1 200 USD, dans une phase plus technique que structurelle. Il a conservé sa fonction de couverture, mais sans offrir de gains spectaculaires.
2015-2020 : Le retour triomphal. Les guerres commerciales, la croissance débridée de la dette publique et les taux historiquement bas ont revitalisé la demande. La pandémie de COVID-19 en 2020 a agi comme un catalyseur décisif : l’or a franchi la barrière des 2 000 USD pour la première fois, confirmant sa position d’actif de confiance.
2020-2025 : La revalorisation exponentielle. Cette période a été celle de la plus forte appréciation nominale. L’or est passé de 1 900 à plus de 4 200 USD en à peine cinq ans : une hausse de 124%. Aucun précédent n’enregistre un saut aussi rapide en si peu de temps.
L’or face à Wall Street : une comparaison qui surprend
À long terme, les indices américains dominent la scène. Le Nasdaq-100 accumule des gains proches de 5 500% depuis 2005. Le S&P 500 tourne autour de 800%. L’or, en termes nominaux depuis ce point de départ, se situe autour de 850%.
Cependant, ces cinq dernières années, la donne change. Depuis 2020, l’or a généré des rendements surpassant à la fois le S&P 500 et le Nasdaq-100. Ce phénomène, peu courant sur le long terme, souligne une réalité : dans un contexte d’inflation, de taux faibles et d’incertitude, le métal précieux gagne du terrain face à la variable.
Ce qui est vraiment important, ce n’est pas seulement le rendement final, mais la volatilité du parcours. En 2008, lorsque les bourses s’effondraient de plus de 30%, l’or n’a reculé que de 2%. En 2020, lorsque la pandémie a paralysé les marchés, il a encore une fois démontré sa capacité de refuge. Ce schéma répété suggère que l’or offre une protection lorsque d’autres actifs vacillent.
Actif
YTD
1 An
5 Ans
Depuis 2005
Or
14,51%
15,05%
94,35%
850%+
S&P 500
13,20%
14,51%
94,35%
799,58%
Nasdaq-100
19,65%
23,47%
115,02%
5506,58%
(Source : données normalisées du marché, octobre 2025)
Comment l’intégrer dans votre stratégie d’investissement
L’or ne doit pas être considéré comme un véhicule pour s’enrichir rapidement, mais comme un instrument de stabilisation. Sa fonction principale est de préserver le pouvoir d’achat et d’agir comme amortisseur face aux chocs inattendus.
Les gestionnaires recommandent une exposition de 5% à 10% du patrimoine en or physique, ETF adossés au métal ou fonds répliquants. Dans des portefeuilles très concentrés en actions, cette marge atténue la volatilité en période de turbulence.
Un attribut supplémentaire distingue l’or : sa liquidité mondiale sans restrictions. Sur n’importe quel marché, à tout moment, il peut se convertir en liquide sans subir les contretemps de la dette souveraine ou des limitations réglementaires. En période de tension monétaire ou de crise financière, cette caractéristique prend une valeur inestimable.
Réflexion finale
L’évolution de l’or en vingt ans raconte une histoire simple mais profonde : celle de la confiance. Il ne dépend pas des bénéfices des entreprises ni des dividendes. Lorsque cette confiance s’érode par l’inflation, l’endettement, les conflits ou l’incertitude politique, le métal émerge comme protagoniste.
Au cours de la dernière décennie, il a rivalisé de près avec les grands indices. Au cours des cinq dernières années, il les a surpassés. Ce n’est pas une coïncidence, mais une réponse : les investisseurs recherchent la stabilité dans un monde de plus en plus imprévisible.
L’or ne promet pas une croissance exponentielle ni un enrichissement accéléré. C’est une assurance silencieuse qui se valorise lorsque le reste du tableau financier vacille. Pour quiconque construit un portefeuille équilibré, il reste, comme il y a deux décennies, une pièce insubstituable du puzzle mondial.
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Comment l'or a multiplié sa valeur par 10 en deux décennies : l'évolution d'un refuge sûr
Le métal précieux qui défie les marchés boursiers
Alors que les indices boursiers font la une, l’or continue sa propre trajectoire. En octobre 2025, il se négocie autour de 4 270 dollars par once, après avoir enchaîné des records historiques tout au long de l’année. Ce n’est pas un détail : il y a vingt ans, le métal frôlait à peine les 400 USD. En 2015, il tournait autour de 1 100 USD. La conclusion est indéniable : son prix a été multiplié par plus de dix, ce qui équivaut à une augmentation cumulée de 900%.
Au cours de ces deux dernières décennies, l’or a montré une performance extraordinaire. Sa rentabilité annualisée oscille entre le 7% et le 8%, ce qui est remarquable si l’on considère qu’il ne génère ni flux de trésorerie ni intérêts. Cette constance contraste avec son comportement volatile : il ralentit lors des phases d’expansion économique et reprend de la vigueur lorsque surgissent des crises ou des pressions inflationnistes. Précisément, cet effet contracyclique est ce qui le maintient comme pièce centrale dans les portefeuilles diversifiés.
Qu’est-ce qui a impulsé cette croissance sans précédent ?
L’évolution de l’or ne répond pas à un seul facteur, mais à une convergence de circonstances économiques, monétaires et géopolitiques.
Les taux d’intérêt réels sont la clé. Lorsque les rendements réels (nominales en déduisant l’inflation) tombent en territoire négatif, l’or se valorise. L’expansion quantitative de la Réserve fédérale et de la Banque centrale européenne a laissé les obligations avec des rendements déprimés, ce qui a orienté les investissements vers le métal.
La faiblesse du dollar joue également un rôle décisif. Comme l’or se négocie en monnaie américaine, chaque dépréciation du billet vert stimule sa cotation. Les crises successives de 2008, la pandémie de 2020 et les tensions géopolitiques ultérieures ont affaibli la devise, entraînant l’or à la hausse.
L’inflation et la dépense publique massive ont ravivé les craintes. Après la pandémie, les gouvernements ont injecté des ressources sans précédent dans leurs économies. Les investisseurs, préoccupés par l’érosion du pouvoir d’achat, ont recherché une protection dans des actifs qui servent historiquement de couverture. L’or a répondu par des hausses soutenues.
Les tensions internationales ont aussi laissé leur marque. Conflits commerciaux, sanctions économiques et reconfiguration des réserves de devises dans les banques centrales des marchés émergents ont accru la demande. Ces acteurs ont réduit leur dépendance au dollar en incorporant davantage d’or dans leurs coffres.
Un parcours à travers quatre périodes clés
2005-2010 : L’explosion initiale. La première moitié des années 2000 a été celle du décollage. Propulsé par un dollar affaibli, la spirale du prix du pétrole et la panique après l’effondrement des subprimes, l’or est passé de 430 à 1 200 USD en à peine cinq ans. La faillite de Lehman Brothers en 2008 a consolidé sa réputation d’actif refuge. Les banques centrales et institutions ont multiplié leurs achats.
2010-2015 : La pause correctrice. Après le choc initial, les marchés ont respiré. La reprise des économies développées et les premiers pas vers la normalisation monétaire américaine ont freiné l’or. Il a oscillé entre 1 000 et 1 200 USD, dans une phase plus technique que structurelle. Il a conservé sa fonction de couverture, mais sans offrir de gains spectaculaires.
2015-2020 : Le retour triomphal. Les guerres commerciales, la croissance débridée de la dette publique et les taux historiquement bas ont revitalisé la demande. La pandémie de COVID-19 en 2020 a agi comme un catalyseur décisif : l’or a franchi la barrière des 2 000 USD pour la première fois, confirmant sa position d’actif de confiance.
2020-2025 : La revalorisation exponentielle. Cette période a été celle de la plus forte appréciation nominale. L’or est passé de 1 900 à plus de 4 200 USD en à peine cinq ans : une hausse de 124%. Aucun précédent n’enregistre un saut aussi rapide en si peu de temps.
L’or face à Wall Street : une comparaison qui surprend
À long terme, les indices américains dominent la scène. Le Nasdaq-100 accumule des gains proches de 5 500% depuis 2005. Le S&P 500 tourne autour de 800%. L’or, en termes nominaux depuis ce point de départ, se situe autour de 850%.
Cependant, ces cinq dernières années, la donne change. Depuis 2020, l’or a généré des rendements surpassant à la fois le S&P 500 et le Nasdaq-100. Ce phénomène, peu courant sur le long terme, souligne une réalité : dans un contexte d’inflation, de taux faibles et d’incertitude, le métal précieux gagne du terrain face à la variable.
Ce qui est vraiment important, ce n’est pas seulement le rendement final, mais la volatilité du parcours. En 2008, lorsque les bourses s’effondraient de plus de 30%, l’or n’a reculé que de 2%. En 2020, lorsque la pandémie a paralysé les marchés, il a encore une fois démontré sa capacité de refuge. Ce schéma répété suggère que l’or offre une protection lorsque d’autres actifs vacillent.
(Source : données normalisées du marché, octobre 2025)
Comment l’intégrer dans votre stratégie d’investissement
L’or ne doit pas être considéré comme un véhicule pour s’enrichir rapidement, mais comme un instrument de stabilisation. Sa fonction principale est de préserver le pouvoir d’achat et d’agir comme amortisseur face aux chocs inattendus.
Les gestionnaires recommandent une exposition de 5% à 10% du patrimoine en or physique, ETF adossés au métal ou fonds répliquants. Dans des portefeuilles très concentrés en actions, cette marge atténue la volatilité en période de turbulence.
Un attribut supplémentaire distingue l’or : sa liquidité mondiale sans restrictions. Sur n’importe quel marché, à tout moment, il peut se convertir en liquide sans subir les contretemps de la dette souveraine ou des limitations réglementaires. En période de tension monétaire ou de crise financière, cette caractéristique prend une valeur inestimable.
Réflexion finale
L’évolution de l’or en vingt ans raconte une histoire simple mais profonde : celle de la confiance. Il ne dépend pas des bénéfices des entreprises ni des dividendes. Lorsque cette confiance s’érode par l’inflation, l’endettement, les conflits ou l’incertitude politique, le métal émerge comme protagoniste.
Au cours de la dernière décennie, il a rivalisé de près avec les grands indices. Au cours des cinq dernières années, il les a surpassés. Ce n’est pas une coïncidence, mais une réponse : les investisseurs recherchent la stabilité dans un monde de plus en plus imprévisible.
L’or ne promet pas une croissance exponentielle ni un enrichissement accéléré. C’est une assurance silencieuse qui se valorise lorsque le reste du tableau financier vacille. Pour quiconque construit un portefeuille équilibré, il reste, comme il y a deux décennies, une pièce insubstituable du puzzle mondial.