
Au sein d’une vague d’innovation marquant le secteur des fonds négociés en bourse (ETF) en 2025, un produit atypique et controversé, conçu pour capter le sentiment et l’influence politiques, n’a pas réussi à s’imposer. Ce fonds, largement évoqué dans les cercles financiers sous l’appellation « ETF thématique de l’ère Trump », visait les sociétés considérées comme bénéficiant de liens étroits avec le pouvoir politique à Washington. Malgré un engouement initial et de nombreuses spéculations, la proposition a finalement été abandonnée, les principales places boursières ayant refusé de l’inscrire, mettant en lumière les limites à l’intégration de produits d’investissement à forte connotation politique dans l’industrie des ETF.
Cet épisode éclaire la relation entre finance, politique et attentes des investisseurs, tout en illustrant les dynamiques qui déterminent le succès ou l’échec des ETF.
Fondamentalement, l’ETF proposé — souvent qualifié sur les marchés de « grift ETF » — visait à suivre un groupe d’entreprises cotées supposées profiter d’un accès privilégié aux décideurs politiques de Washington. Ses initiateurs soutenaient que ces sociétés pouvaient surperformer les indices traditionnels, particulièrement dans un contexte politique marqué par une forte dépense publique, des changements réglementaires et des stratégies d’entreprise ciblées.
Ce projet partait du principe que les connexions politiques pouvaient se traduire par une performance financière, que les investisseurs classiques pourraient chercher à capter via un ETF. Ce concept attirait ainsi un segment spécifique de traders particuliers et d’investisseurs engagés politiquement, sensibles aux tendances politiques.
Malgré l’originalité du concept et l’intérêt de certains investisseurs, les principales places boursières ont finalement refusé d’inscrire le fonds. Les raisons étaient multiples, mais portaient principalement sur le thème sous-jacent du fonds et sa dimension jugée spéculative.
Les places boursières se montrent prudentes vis-à-vis des produits trop étroitement associés à des résultats politiques plutôt qu’à des fondamentaux économiques. Un ETF qui lie explicitement la performance à l’accès ou à l’influence politique soulève des risques réglementaires et de réputation que nombre de plateformes préfèrent éviter. Ces risques vont de la vigilance accrue des autorités à une volatilité amplifiée, provoquée par l’actualité politique plutôt que par des indicateurs financiers objectifs.
Privé d’inscription sur une grande place boursière, l’ETF n’a pas pu acquérir la liquidité et l’accès aux investisseurs indispensables à sa viabilité. Ce résultat montre que, même pour des idées novatrices, les thèmes qui relient politique et finance se heurtent à des obstacles majeurs dans le processus traditionnel de cotation des ETF.
La multiplication des produits ETF ces dernières années est remarquable. Des fonds sectoriels aux ETFs à effet de levier, inverses ou thématiques couvrant la technologie, la santé, les matières premières, voire des tendances de niche, le secteur a démontré sa capacité d’innovation. Cependant, le rejet de l’ETF thématique de l’ère Trump révèle des limites précises à cette évolution :
Ces éléments déterminent quels projets d’ETF obtiennent le feu vert et lesquels n’y parviennent pas.
L’investissement thématique politique a gagné en visibilité ces dernières années, notamment avec l’essor des fonds alignés sur les principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ou sur des tendances macroéconomiques. Cette dynamique a suscité l’intérêt d’investisseurs cherchant à s’exposer à des idéologies spécifiques ou à des évolutions structurelles de long terme. Pourtant, les produits explicitement politiques demeurent controversés et font l’objet d’une vigilance accrue.
Si un ETF politique identifié peut attirer l’attention et des capitaux auprès de publics de niche, son attrait sur le marché global reste limité. La plupart des institutions et des investisseurs traditionnels privilégient les fonds liés à des critères financiers clairs et mesurables, plutôt que ceux qui reposent sur des attentes politiques ou des réseaux d’influence.
L’échec de l’ETF thématique de l’ère Trump à obtenir une cotation offre plusieurs enseignements aux investisseurs intéressés par les ETFs thématiques et alternatifs :
Le secteur des ETF en 2025 poursuit son évolution, avec une croissance dans des domaines comme l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables, les actifs numériques et les expositions de marché plus classiques. L’approche du secteur à l’égard de l’innovation s’est renforcée : les thèmes originaux sont encouragés, mais doivent s’inscrire dans des cadres jugés appropriés par les places boursières et les régulateurs afin de garantir la protection des investisseurs.
L’obstacle rencontré par l’ETF thématique de l’ère Trump rappelle que l’innovation dans les produits financiers doit allier idées audacieuses et solidité structurelle. À mesure que les marchés financiers s’entremêlent davantage avec les dynamiques sociales et politiques, émetteurs de produits et investisseurs devront évoluer dans ces limites avec discernement.
En définitive, cet épisode démontre que si l’investissement thématique s’impose durablement, le passage du concept à l’ETF négociable réclame plus qu’un récit convaincant : il exige rigueur, transparence et crédibilité sur le marché.











